Alan Watts 3

Alan Watts (1915 – 1973) est l’un des « pères » de la contre-culture aux États-Unis. J’aime sa façon de penser l’existence et le changement nécessaire à notre bonheur.

Philosophe, écrivain, conférencier et expert en religion comparée, il est l’auteur de vingt-cinq livres et de nombreux articles traitant de sujets comme l’identité individuelle, la véritable nature des choses, la conscience et la recherche du bonheur. Dans ses ouvrages, il s’appuie sur la connaissance scientifique et sur l’enseignement des religions et des philosophies d’Orient et d’Occident (bouddhisme Zen, taoïsme, christianisme, hindouisme). Par ailleurs, il était intéressé par les nouvelles tendances apparaissant en Occident à son époque, et se fit l’apôtre d’un certain changement des mentalités quant à la société, la nature, les styles de vie et l’esthétique. Alan Watts était un autodidacte réputé et c’est son interprétation des philosophies asiatiques qui l’a rendu populaire.

Dans son ouvrage « Éloge de l’insécurité », Alan Watts explore la loi de l’effort inverse.

« J’ai toujours été fasciné par la loi de l’effort inverse : quand vous essayez de rester à la surface de l’eau, vous coulez ; mais quand vous essayez de couler, vous flottez. Mon livre explore cette loi en l’appliquant à la recherche par l’homme de la sécurité psychologique, et à ses efforts pour trouver des certitudes spirituelles et intellectuelles dans la religion et la philosophie. Écrit avec la conviction qu’aucun thème ne pourrait être mieux approprié à une époque où la vie humaine semble particulièrement précaire et aléatoire, il soutient que pareille insécurité résulte de la volonté d’atteindre cette sécurité, et que, a contrario, salut et bon sens consistent à reconnaître le plus radicalement possible que nous n’avons aucun moyen d’assurer notre propre salut. »

Alan Watts « Éloge de l’insécurité » aux Éditions Petite Bibliothèque Payot (février 2005). Titre original : The Wisdom of Insecurity (Vintage Books – 1951)

Alan Watts 1« Éloge de l’insécurité » montre comment cette loi de l’effort inverse – la « loi du rebours » – régit notre quête d’une sécurité psychologique et les efforts que nous déployons pour trouver des certitudes spirituelles et intellectuelles dans la religion et la philosophie.

Alan Watts soutient que cette insécurité résulte de la volonté d’atteindre la sécurité et que, a contrario, salut et bon sens consistent à reconnaître le plus radicalement possible que nous n’avons aucun moyen d’assurer notre propre salut.

Alan Watts 2 « L’Occidental parle de son action dans l’univers en termes d’agression ou de conquête. Il escalade une montagne : il dit qu’il la conquiert. Il guérit une maladie : il dit qu’il la vainc. Alors qu’au contraire, pour guérir une maladie, il faut non la maîtriser avec violence, mais apprendre à coopérer avec elle. Il faut apprendre à aimer ces bactéries dont nous avons besoin lorsqu’elles ne sont pas destructrices. Nous ne comprenons pas cet aspect du réel. »

Alan Watts

Un peu à la façon d’Alice au Pays des Merveilles, le lecteur d’Alan Watts se trouve fréquemment dans un monde sens dessus dessous, où l’ordre normal des choses paraît complètement inversé.

Lao-Tseu, maître de la loi de l’effort inverse, pensait notamment que ceux qui se justifient ne convainquent pas. Il pensait que pour connaître la vérité on doit se débarrasser de la connaissance, et que rien n’est plus puissant et créatif que le vide qui suscite l’aversion de l’homme.

« Qui n’a pas la capacité de vivre dans le présent, ne peut faire de plans valables pour l’avenir. »

Alan Watts

En guise de conclusion inachevée, je redonne la parole à Alan qui parle du paradis qu’il se souhaite …

« Je vais vous dire ce que je veux, et ce qui me satisfait. Je veux passer ma vie à méditer dans le silence, marcher lentement, éprouver le sens fondamental de l’existence dans l’émerveillement, surprendre tous les sons, sentir les nuages et les étoiles me caresser les yeux. Je veux bannir l’angoisse, la tourner en dérision, saisir la vie et la mort comme deux faces indissociables d’une même médaille. Je veux une compagne qui tour à tour m’obéisse et me contredise, m’admire et me surpasse, se fonde en moi et lutte contre moi. Je veux écrire et parler pour des gens qui écoutent, les charmer et me jouer de leurs questions, mais écouter aussi celui qui vient m’apprendre ce que j’ignore, avec une curiosité sans ennui. Je veux regarder dans l’eau les reflets de la lumière et les ondes du vent, pays des mouettes, des pélicans, des goélands, des flamands et des canards sauvages. Je veux m’asseoir sur un rocher lointain ou sur une plage déserte, entendre les vagues et regarder le ciel de l’Ouest que vient laver l’aurore. Je veux décocher des flèches si haut dans le ciel qu’elles deviennent oiseaux. Je veux contempler les montagnes, errer dans leurs vallons et leurs forêts, percevoir au crépuscule d’invisibles cascades.

Je veux m’asseoir devant ma machine à écrire et faire passer ce que je sens au travers des mots – défi, car tout ce qui s’agite en moi ne peut précisément se réduire en mots. Je veux aller dans ma grande cuisine chatoyante de couleurs essayer une nouvelle soupe ou un nouveau ragoût, cuire le poisson à la vapeur, jouer avec ces brosses chinoises si fines et ces bâtons d’encens que l’on frotte dans l’eau et qui dansent sur le papier. Je veux apaiser la douleur et éteindre la maladie rien qu’en apposant mes mains sur un corps. Je veux allumer un brasier, brûler des feuilles de cèdres et du bois de santal tard dans la nuit, au son d’une musique classique ou au rythme d’un rock que je danse.

Je veux voir les éclats de lumière sur le verre et le cristal allongé sur le sol, je veux regarder les branches des arbres découper le bleu vif du ciel. (…) Je veux entendre à quatre heures du matin la cloche de Nanzenji, temple de Kyoto qui bourdonne comme un gong. Je veux aller au Sikkim et au Népal voir l’Himalaya sans songer à le gravir. Je veux jouir de la compagnie de certains amis, manger du fromage de Stilton, des melons, un gros pain noir, du jambon, et boire une Gardner’s Old Strong, cette rarissime bière anglaise.

Aussi terre à terre que cela puisse paraître, c’est là tout le paradis que je me souhaite. »

Alan Watts – Le paradis que je me souhaite

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