Osez pratiquer l’art de ne (presque) rien faire !

Écrit par Laurent Claret

23/12/2018

 

Faire le choix conscient et courageux d’oser pratiquer l’art de ne (presque) rien faire, c’est se faire plusieurs cadeaux : celui d’un temps de contemplation pour préparer l’action, celui d’un temps pour « juste être », celui d’un temps pour faire l’expérience du mouvement de la vie et celui d’un temps pour (re)penser son ministère mystérieux.

Un temps de contemplation pour préparer efficacement l’action.

Madras en train de rêver et de contempler avant de passer à l’action.

Et vous, comment vous préparez-vous à l’action ?

« Pourquoi les poètes aiment-ils tous les chats ?
Les chats passent le plus clair de leur temps à dormir et leur sommeil est principalement employé à rêver. Ceci explique pourquoi ils jouissent d’un formidable équilibre, à la différence – par exemple – des lapins ou des cochons d’Inde, lesquels ne pouvant jamais fermer l’œil plus de trois minutes d’affilée sont de lamentables névrosés en proie à une tremblote chronique.
Les chats retombent toujours sur leurs pattes, gracieux au repos, foudroyants à la chasse, leurs réflexes sont d’une rapidité et d’une précision infaillibles.
D’une certaine manière, ce double talent qu’ils ont pour la contemplation et pour l’action les rapproche des poètes. »
Denis Grozdanovitch – extrait de « L’art difficile de ne presque rien faire »

La contemplation prépare efficacement à l’action. Sans contemplation préalable, pas de vision élaborée, pas de véritable sens à l’action.

La beauté invite à la contemplation qui favorise à son tour l’intuition.

L’action de contempler un chat en train de rêver sur un canapé, un coucher de soleil, une libellule posée au bout d’un roseau ou un vol d’étourneaux en rase campagne, permet de mettre le mental au repos et de laisser la place à l’imaginaire, au rêve éveillé, à l’intuition, à la créativité.

Alors pourquoi se priver de se servir de la beauté du monde ? Pourquoi ne pas utiliser cette beauté comme un support de contemplation ?

Préserver la jouissance de l’instant c’est investir dans l’efficience d’une action future.

Walt Disney l’avait bien compris : dans le processus de création de chacun de ses projets, il convoquait d’abord son « rêveur » (et uniquement lui), avant de laisser la place à son « réalisateur » puis à son « critique ». Un état d’esprit à la fois et la création sera au rendez-vous.

« Ils ont échoué car ils avaient oublié de commencer par le rêve. »

William Shakespeare

Un temps pour ne rien faire. Juste un temps pour être.

Madras en train de méditer les mots sacrés et de prendre le temps d’être.

Et vous, comment vous créez-vous les conditions pour pouvoir juste être ?

Contempler c’est devenir ce que je regarde. Ce que je regarde occupe toute mon attention sans autre pensée à ce moment-là. Alors je peux commencer à méditer. La méditation, c’est pratiquer l’écoute du silence intérieur.

Quand je me tais suffisamment fort à l’intérieur de moi, il se passe quelque chose. Je ne suis plus limité par mes cinq sens et je passe d’une perception de la réalité dite ordinaire à la perception d’une réalité dite non ordinaire. Grâce à la respiration consciente, je sors du plan mental et je peux traverser un voile de perception de l’autre côté duquel la vie se révèle comme une unique Présence intime, intelligente et commune à tous.

La contemplation et la méditation sont des clés qui ouvrent des portes : celles de la perception. Le groupe de musiciens The Doors (« the doors of perception ») m’invitait déjà à sa façon à « rider on the storm ». Je quitte l’illusion profane du temps linéaire (Chronos) et j’entre dans le temps sacré cyclique (Aiôn) et le temps opportun (Kairos). Je peux expérimenter la plénitude du vide et me connecter sur d’autres plans, à d’autres réalités. Je suis dans l’Absolu de moi-même. Je suis.

« Pour percevoir la profondeur des messages qui vous entourent et vous rapprocher de votre âme de chaman, vous aurez besoin de vous isoler, de baisser le niveau sonore de votre mental. La célébration de toute vie intérieure passe par le silence. Il n’y a pas d’expérience spirituelle sans silence. Le véritable silence se révèle à votre âme dans la profondeur de la solitude. La solitude est souvent mal comprise car elle est vécue dans nos sociétés bruyantes comme une punition. On imagine que celui qui est seul s’ennuie ou ne sait pas se faire des amis.

Il existe deux types de solitude : celle du mendiant et celle de l’empereur.

Le mendiant n’est pas autonome, il quête de la tendresse, de l’affection. Il attire l’attention pour qu’on s’occupe de lui, pour ne pas rester seul, car lui-même n’est pas autonome. Il aime se faire plaindre et recherche la compagnie en permanence.

Et puis, il y a la solitude de l’empereur. Celle de l’artiste ou de l’ermite. L’ermite s’isole pour rencontrer Dieu, l’artiste s’isole pour retrouver l’inspiration, l’empereur s’isole pour retrouver sa puissance intérieure et son charisme.

La révélation a lieu loin des regards. Accordez-vous chaque jour un temps de solitude pour vous rapprocher de votre intimité. Un temps où vous vous choisissez vous-même comme la personne la plus importante de votre vie. Un temps pour ne rien faire. Juste un temps pour être. En réveillant l’empereur, l’artiste est l’ermite en vous, vous réveillerez le chaman qui est en vous. »

Arnaud Riou « Réveillez le chaman qui est en vous »

NB : Le terme « chaman » est utilisé ici pour qualifier celles et ceux qui choisissent de s’ouvrir au grand mystère de la vie en élargissant leur champ de conscience. La voie chamanique s’explore dans l’alchimie d’un cœur d’enfant et d’une âme d’ancêtre. Le chaman chemine et explore avec la curiosité d’un enfant, le discernement d’un sage et le courage d’un guerrier.

Le Kairos représente à la fois le temps du discernement et celui de l’action juste (le moment opportun pour agir). Le Kairos est inaccessible aux personnes pressées par le temps ou les résultats. Il ne s’offre qu’à celui ou celle qui sait faire taire momentanément le brouhaha de ses pensées pour s’ouvrir à l’instant présent et à l’expérience directe du réel (non filtrée par le mental). Se donner l’opportunité d’accéder au Kairos, c’est s’ouvrir à la sérendipité et aux synchronicités.

Un temps pour faire l’expérience du « Flow », du « O in motion », du « Wu-wei » (appelez-le comme vous voulez).

Madras (encore) en train de méditer les mots sacrés.

« Flow » … kesako ?

Voici ce qu’en dit Wikipedia …

« En psychologie positive, le flow (mot anglais qui se traduit par flux) ou la zone, est un état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement plongée dans une activité et qu’elle se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement. Fondamentalement, le flow se caractérise par l’absorption totale d’une personne par son occupation.

Ce concept, élaboré par le psychologue Mihály Csíkszentmihályi à partir de 1975, a été utilisé dans de nombreux domaines, du sport à la musique en passant par la spiritualité, l’éducation et la séduction, bien qu’il ait existé depuis toujours sous d’autres formes, notamment dans les religions et spiritualités orientales telles que le bouddhisme et le taoïsme.

Atteindre le flow se dit aussi « être dans la zone ». Dans les versions françaises des textes de Csíkszentmihályi, on trouve indifféremment les termes de « flux », d’« expérience-flux », d’« expérience optimale » ou de « néguentropie psychique ».

Selon Csíkszentmihályi, le flow est un état totalement centré sur la motivation. C’est une immersion totale, qui représente peut-être l’expérience suprême, employant les émotions au service de la performance et de l’apprentissage. Dans le flow, les émotions ne sont pas seulement contenues et canalisées, mais en pleine coordination avec la tâche s’accomplissant. Le trait distinctif du flow est un sentiment de joie spontané, voire d’extase pendant une activité.

En français, on emploie parfois, au sens profane, l’expression état de grâce, par exemple lors d’une prise de fonction ou d’un oral d’examen : les situations comme les actions à effectuer semblent alors se présenter de façon très claire. »

« O in motion » … kesako ?

C’est une autre façon de parler du flow, du flux, de l’expérience optimale, de la sensation d’être dans la zone.

Je partage avec vous une vidéo qui traite de la présence à soi, aux autres et au monde : « O In Motion » ou comment naitre à chaque instant et danser sa vie …

Explication … démonstration : http://youtu.be/JSLGtFdlG3I

« Wu-wei » … kesako ?

C’est un état de grâce dans lequel l’action s’accomplit par enchantement, sans le concours de la volonté. Tout le monde l’a vécu au moins une fois dans sa vie et rare sont celles et ceux qui savent y retourner…

Pour le dire autrement, le Wu-wei c’est « l’art de réussir sans essayer » :

https://www.letemps.ch/societe/wu-wei-lart-reussir-essayer

Un temps pour (re)penser son Ministère Mystérieux.

Madras (encore et toujours) en train de méditer les mots sacrés et de repenser son Ministère Mystérieux.

« Ne te demande pas ce que le monde attend. Demande-toi comment tu peux prendre vie. Car c’est de ça dont le monde a besoin. »

Harold Whitman

Et vous, quel est votre Ministère Mystérieux ?

En guise de conclusion inachevée … se laisser traverser par le mouvement de la Vie.

Lorsque je fais le choix conscient et courageux de pratiquer l’art difficile de ne (presque) rien faire, je crée les conditions pour « me laisser traverser par le mouvement de la Vie et prendre le temps d’écouter ce que la Vie m’appelle à faire avant de me mettre en action » dixit Frédéric Laloux.

#OVPOserNePresqueRienFaire
#OVPFlow
#OVPOInMotion
#OVPWuWei

Mario en pleine recherche de vitesse … avant de passer à l’action.

Téléchargez mon pedigree

Laurent Claret

 

Ces articles peuvent aussi vous intéresser…

Apprendre à devenir antifragile.

Apprendre à devenir antifragile.

Au-delà de la résilience ... l'antifragilité. Apprendre à devenir antifragile pour prospérer dans un monde de plus en...

Mon Arbre de Vie

Mon Arbre de Vie

« Je suis sur mon axe. Ancré(e) sur mes valeurs et mes motivations profondes, Centré(e) sur mes ressources,...

Muscler notre confiance en nous.

Muscler notre confiance en nous.

La confiance en soi ne se décrète pas, elle se muscle. En guise d'introduction ... « Que vous pensiez être capable ou...

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *