un-des-ingredients-de-la-recette-du-bonheur-beaucoup-oser,actualite,156,image1,fr1414165472,L320Un des ingrédients de la recette du bonheur : oser … beaucoup oser !

C’est lorsque j’ose être vulnérable que je suis véritablement en relation avec moi-même et avec les autres.

Et si la vulnérabilité n’était pas une faiblesse, mais au contraire signe de puissance et de courage ?

Le mot d’introduction de cet article revient à Theodore Roosevelt …
« Le crédit appartient à l’homme qui lutte vaillamment dans l’arène, à celui qui connaît le triomphe de l’accomplissement et qui, au pire s’il échoue, le fait en osant beaucoup. »
Pas facile de « beaucoup oser » et de vivre une vie courageuse ! « Beaucoup oser » n’a rien à voir avec le fait de gagner ou de perdre. « Beaucoup oser » a à voir avec le courage. Sans aucun doute, se découvrir implique le risque d’avoir parfois mal. Mais tant que nous n’osons pas nous découvrir, nous restons dans l’inconfort de nous sentir étranger à notre propre vie et de la contempler en se demandant ce qu’elle serait si nous avions le courage de nous découvrir.

Nous craignons la vulnérabilité. Nous voulons être parfaits, puissants, sûrs de nous. Nous pensons que la distance, la froideur, l’inaccessibilité et la maîtrise contribuent à notre prestige. Nous croyons que nous serions mésestimés si nous venions à être trop ouverts. Nous adoptons l’anxiété en tant que style de vie, la productivité en tant que valeur essentielle, et le perfectionnisme en tant qu’idéal.

Et si la vulnérabilité n’était pas une faiblesse, mais au contraire signe de force et de courage ? Car à trop vouloir être parfaits, nous avons peur de l’échec et éprouvons un sentiment d’insuffisance. Nous endossons notre armure avant de pénétrer dans l’arène de la vie, en sacrifiant des relations et des opportunités qui ne reviendront pas. Nous gaspillons un temps précieux en tournant le temps à nos dons merveilleux.

Oser être vulnérable demande du courage.

Choisir d’être vulnérable implique d’oser tomber le masque, déposer l’armure, baisser la garde, tomber les défenses. Choisir d’être vulnérable est un cadeau que nous nous faisons à nous même et aux autres. Pourquoi donc ? Comment donc ? Voyons cela.

J’ai beaucoup aimé le livre de Brené Brown intitulé « Le pouvoir de la vulnérabilité » et publié aux éditions Guy Trédaniel. J’ai plaisir à en partager avec vous de longs extraits que j’ai choisis et ordonnés à ma façon.

Parfait et à l’épreuve des balles sont des notions séduisantes, mais elles n’existent pas. Il faut entrer avec courage et volonté dans l’arène, quelque soit celle ci : nouvelle relation, réunion importante, processus de création ou difficile discussion familiale. Plutôt que de rester sur le banc de touche et d’émettre conseils et jugements, il faut oser se découvrir. C’est cela la vulnérabilité. C’est cela « beaucoup oser ».

Être vulnérable, c’est être susceptible d’être touché, d’être blessé d’un point de vue physique ou psychique.

La vulnérabilité, c’est l’incertitude, la prise de risque, l’ouverture émotionnelle aux autres. L’amour est incertain et incroyablement risqué. Aimer, c’est se mettre à nu sur le plan affectif. Oui, c’est effrayant et cela peut faire mal, mais pouvons nous imaginer vivre sans aimer et sans être aimé ? Faire connaître ses écrits, ses peintures, ses photos ou ses idées sans avoir l’assurance qu’ils soient acceptés et appréciés, c’est aussi de la vulnérabilité. Absorber la joie de certains instants tout en sachant qu’ils sont fugaces et que la sagesse populaire recommande de ne pas trop se réjouir du bonheur pour ne pas attirer le malheur, est aussi une forme de vulnérabilité. Demander pardon, défendre quelqu’un qui est calomnié, appeler des amis dont l’enfant vient de mourir, recevoir une promotion sans savoir si nous serons à la hauteur, avoir foi en l’avenir, être sur scène et espérer des applaudissements plutôt que des rires, être authentique dans notre relation à l’autre et partager notre vérité, c’est aussi cela la vulnérabilité.

Notre relation à la vulnérabilité est paradoxale : la vulnérabilité des autres m’attire, la mienne me fait peur. Nous aimons être témoin de l’ouverture des autres mais nous avons peur de leur faire ce même cadeau. Nous aimons éprouver la vulnérabilité des autres mais nous ne voulons pas être vulnérable. La vulnérabilité est synonyme de courage chez les autres et de faiblesse chez nous.

L’intimité, l’ouverture à l’autre, n’est pas possible sans vulnérabilité.

« L’enfant pense qu’en grandissant il deviendra invulnérable. Grandir, c’est accepter la vulnérabilité. Être vivant, c’est être vulnérable. » Madeleine L’Engle

Avoir le courage de nous montrer tels que nous sommes et devenir vrais.

C’est lorsque nous avons le courage d’être authentiques, de dire notre vérité, de nous montrer tel que nous sommes, que nous créons de la confiance dans la relation. Quand nous osons nous montrer vulnérables, nous dévoilons notre vraie personnalité, la confiance nous gagne, l’humilité et l’empathie dont nous faisons preuve profitent à tout le monde. C’est alors que nos relations avec les autres s’enrichissent de même que la qualité de notre vie.

Il est bien plus facile de devenir vrai quand nous nous sentons aimés. Nous aimer nous-même et soutenir autrui dans sa quête de vérité est une grande preuve de courage.

Assumer notre vulnérabilité et notre capacité à nous engager dans notre vie en ayant le sentiment de notre propre valeur.

La volonté d’assumer notre vulnérabilité détermine la profondeur de notre courage.

La volonté de vivre de manière entière et de nous engager dans la vie, d’affronter l’incertitude et le risque affectif avec le sentiment de notre propre valeur et de faire de notre mieux : « Je suis suffisamment bon(ne) ». Cela veut dire cultiver le courage et la compassion de s’éveiller le matin en se disant à nous-même « Peu importe ce que je fais aujourd’hui, je suffis à la tâche. » C’est aller au lit le soir en se disant à nous-même « Oui, je suis imparfait(e), vulnérable et parfois effrayé(e) mais cela ne change rien au fait que je suis brave et digne d‘être aimé(e). »

L’arsenal de la vulnérabilité.

Masques et armures sont de parfaites métaphores pour illustrer la manière dont nous nous protégeons de l’inconfort de la vulnérabilité. Les masques procurent un sentiment de sécurité, même quand ils sont étouffants. Les armures donnent l’impression d’être plus forts, même si nous finissons par être las de leurs poids. Face à quelqu’un qui s’abrite derrière un masque ou une armure, nous ne nous sentons pas en confiance. C’est paradoxal : nous ne voulons pas que les autres voient notre vulnérabilité mais nous la recherchons chez les autres et nous attendons qu’ils nous fassent ce cadeau de se montrer vulnérables.

L’arsenal ordinaire de la vulnérabilité se compose de trois bouliers : la joie appréhensive (ou la frayeur qui se surimpose à la joie momentanée), le perfectionnisme (ou la croyance que tout faire à la perfection peut éviter la honte) et l’anesthésie (l’adoption de tout ce qui peut étouffer la douleur et la souffrance).

A l’occasion de moments de réjouissances, la joie appréhensive est cette peur du pire qui pourrait survenir et l’illusion de pouvoir en contrôler les conséquences. La gratitude est l’antidote de la joie appréhensive. Le contraire de la rareté (« jamais assez ») est la suffisance. Pratiquer la gratitude revient à reconnaître que nous sommes suffisants et que nous avons suffisamment. C’est éprouver une joie alimentée par la gratitude. Avec le sentiment de suffisance, vient l’acceptation de notre propre valeur, des limites et de l’engagement. Nous suffisons (valeur versus honte). Nous avons suffisamment (limites versus surenchérissement et comparaison). Il convient de nous montrer, de nous laisser voir et de prendre des risques (engagement versus désengagement).
Le perfectionnisme diffère de la recherche de l’excellence et n’a rien à voir avec le fait de vouloir devenir meilleur. C’est une forme de honte, un système de croyances addictif et autodestructeur qui aliment principalement cette pensée « Si j’ai l’air parfait(e) et que je fais tout parfaitement, je peux éviter ou atténuer les sentiments douloureux de honte, de jugement et de reproche. » Pour se libérer du perfectionnisme, il faut entamer un long parcours qui mène de « Que vont penser les autres ? » à « Je suffis ». Ce voyage débutera avec l’apprentissage de la compassion envers nous-même qui nous permettra d’apprécier la beauté de nos propres fêlures et de l’autorisation de faire le « suffisant ». Il est inutile d’être parfait(e), il faut seulement s’engager et mettre ses actions en cohérence avec ses valeurs. Pour celles et ceux qui encadrent des équipes au sein d’une organisation, le courage managérial consiste à lutter contre leur désir de perfection et leur peur de ne plus être aimé(e), tout en respectant leurs propres valeurs.
L’anesthésie de la vulnérabilité par toute forme de dépendance est nocive parce qu’engourdir la souffrance, c’est aussi engourdir la joie. Lutter contre l’anesthésie revient peut-être, en fin de compte, à nourrir et prendre soin de son esprit.

Ainsi, lorsque nous osons être vulnérable, nous sommes mieux en relation avec nous-même et avec les autres.

Le mot de la fin revient à René Char …

« Serre ton bonheur, impose ta chance et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »

La recette du bonheur comporte d’autres ingrédients. A suivre …

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