J’ai aimé un article écrit par Michel Mornet, Partner & Executive Coach chez Turningpoint et publié dans la revue Boussole #5 (janvier 2017), alors je le partage avec vous sur mon Blog.

 

Le monde du travail est en pleine effervescence. Il y a quelque temps encore, on croyait que les robots et la réduction progressive de la durée du travail allaient nous en libérer définitivement. Aujourd’hui, le chômage de masse continue de s’étendre aux plus jeunes, comme aux seniors. La double injonction du toujours plus de résultat et d’innovation nous a jetés dans une course qui semble ne pas avoir de limite. La financiarisation de l’économie comme la digitalisation des relations professionnelles accroissent cette pression. En Europe, plus de 42 % des salariés sont rongés par un nouveau fléau : le bore out, ou perte de sens au travail. Signes de cette quête, les startups, le 3.0, les métiers de l’humain ou de l’humanitaire, attirent les générations montantes, tandis que les mythes du retour au potager ou de la chambre d’hôtes font rêver quadras et quinquas.

À quoi je sers ?

La crise qui secoue le monde du travail est à la fois tragique et passionnante. Cette crise nous rappelle que l’homme n’est pas fait pour le travail, mais que le travail est fait pour l’homme parce qu’il nous permet non seulement de subvenir à nos besoins élémentaires, mais nous donne également de nous réaliser et d’exister. Une question, qui aurait peut-être fait sourire il y a vingt ans, occupe progressivement les esprits : à quoi je sers ? À quoi sert mon organisation ? Notre époque met en relief la question du sens du travail. Renaître au travail, c’est en partie chercher à y répondre.

Dans une étude que nous avons menée en 2012 en collaboration avec Sciences Po Paris, nous avons identifié trois sources majeures de sens au travail :

  • Le sentiment d’appartenance à une communauté, un corps ou une histoire commune,
  • La notion de métier, de savoir-faire transmissible,
  • Un objet social, une mission ou vocation envers la société, explicitée et porteuse de sens.

Les grandes entreprises ne s’y trompent pas. Elles investissent de plus en plus dans la transformation de leur culture managériale, avec à la clé la question de la mission et du sens de leur activité. Ces mêmes organisations se préoccupent aussi du développement personnel de leurs employés. L’intelligence (de soi, des autres et de son écosystème), la coopération, l’engagement, le partage d’une vision et de valeurs communes deviennent des leviers de performance et d’attractivité.

Renaître au travail est possible ! C’est trouver un plus juste équilibre dans son rapport à soi et aux autres, et surtout identifier le sens dont nous avons besoin pour répondre à la vocation professionnelle qui nous habite.

Le travail est un moment de notre vie au cours duquel nous nous confrontons particulièrement à la réalité des autres, du monde et de nous-mêmes. Nous y éprouvons le besoin viscéral d’être motivés et de nous sentir utiles. Voici quelques pistes que nous pouvons nous appliquer, à nous-mêmes comme à nos équipes, pour nous permettre d’être renouvelés dans notre rapport au travail :

1. Expliciter le sens profond de notre mission et de celle portée par l’organisation pour laquelle nous travaillons. S’y reconnecter le plus souvent possible.

2. Revenir aux choix, aux décisions, aux rencontres et aux événements marquants qui ont construit notre parcours professionnel. En même temps, apprendre à relire collectivement l’histoire commune de notre direction, entité ou organisation.

3. Remettre en ordre ses priorités de vie, remettre le travail à sa juste place.

4. Croire qu’être heureux au travail est possible, et en même temps ne pas en faire un absolu.

5. Si nous sommes attirés par un métier ou une organisation spécifiques, bien distinguer d’un côté la tâche à effectuer et les compétences concrètes à mettre en œuvre, et de l’autre le contexte ou la culture portés par cette entreprise (et être capables de nommer la mission ou vocation de cette organisation).

6. Être convaincu que plus un travail nous correspond (compétences, talents, culture, mission, etc.), plus nous aurons de chance d’y réussir, et plus nous aurons d’énergie pour ce travail.

7. Réaliser qu’une vocation professionnelle s’écrit dans la durée et se construit par étapes.

8. Se donner à soi-même, le plus régulièrement possible, des feedbacks positifs. Ne pas attendre que la bienveillance et les encouragements viennent des autres. Si nous avons une responsabilité managériale, multiplier les occasions d’apporter des retours constructifs à nos collaborateurs, fêter les succès dès que possible.

9. S’aménager des moments de respiration dans la journée et ne pas hésiter à montrer l’exemple : fermer les yeux quelques instants, sortir, s’interdire de réagir systématiquement en temps réel à ses messages.

10. Faire de son mieux tout en évitant de se prendre pour le sauveur de son organisation.

Pour lire cet article en format PDF dans la revue Boussole.

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