Mes 5 référents en thérapie :

1 – Steve de Shazer et la thérapie brève orientée solution

2 – Carl Rogers et l’approche humaniste

3 – Irvin Yalom et l’approche existentielle

4 – Carl Gustav Jung et la psychologie analytique

5 – Alexander Lowen et la bio-énergie

 

1 – Steve de Shazer et la thérapie brève orientée solution

Steve de ShazerSteve de Shazer, thérapeute américain (1940 – 2005) pionnier dans le domaine des thérapies brèves systémiques orientées solutions.

L’approche systémique est un nouveau regard porté sur les systèmes humains. Elle consiste à remplacer nos réflexes cartésiens d’analyse de chaque élément du « problème » par l’observation des interactions entre les éléments du système et bien sûr entre les personnes. Par exemple, dans le cadre d’une équipe, l’approche systémique va faire abstraction du profil psychologique de chacun des membres de l’équipe pour se concentrer sur les relations entre les membres de cette équipe, les comprendre et les modifier pour provoquer le changement.

L’homme est un être de communication. Mais la communication peut se gripper, s’enrayer ou se bloquer. Au sein du couple, dans la famille, entre parents et enfants, entre amis ou collègues, nous ne parvenons plus à nous parler. Ou alors, nous nous parlons, mais nous ne nous comprenons plus. C’est comme si nous communiquions sur des longueurs d’onde qui ne se rencontrent pas.

Bien sûr nous discutons du problème. Mais d’explications en explications, de mises-au-point en mises-au-point, plus on parle moins ça change. Pourquoi ? Parce que chacun reste prisonnier de son cadre de référence habituel, c’est-à-dire de sa manière usuelle de percevoir les situations. Nous modifions l’agencement interne du cadre de référence tout en laissant inchangé le cadre lui-même.

Or, le changement en profondeur, exige de « sortir du cadre », de nous placer sur un palier supérieur qui nous permette de voir autrement et de communiquer sur notre façon de communiquer (méta-communiquer). Alors seulement, nous sommes en mesure de faire apparaître les impasses qui hypothèquent la relation et empêchent d’ouvrir des brèches salvatrices.

Cette manière d’envisager la résolution des problèmes est de toute première importance dans les pathologies de l’interaction, c’est-à-dire dans les problèmes qui naissent à l’intérieur des systèmes relationnels humains. Un système est un ensemble d’éléments qui, loin d’être simplement placés les uns à côté des autres comme des allumettes dans leur boîte, sont étroitement interconnectés.

Il en résulte que si l’on agit sur un des éléments du système, tout le système bascule. Les systèmes humains (couple, famille, groupe, entreprise) fonctionnent selon des lois qui sont mieux connues aujourd’hui. Connaître ces lois permet de repérer les « ratés » de l’interrelation, de remplacer les modalités de communication malsaines, stériles et destructrices par des communications plus saines, plus gratifiantes, plus fécondes.

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2 – Carl Rogers et l’approche humaniste

Carl Rogers 1Carl Rogers (1902 – 1987), psychologue humaniste américain.

 Il a surtout œuvré dans le champ de la psychologie clinique. Son approche est centrée sur la personne et met l’accent sur la qualité de la relation entre l’accompagnant et l’accompagné : l’authenticité, l’écoute empathique et le non-jugement en sont les trois piliers.

 L’accompagnant (thérapeute / coach) se doit d’être un exemple d’authenticité pour l’accompagné (patient / client) pour signifier au patient qu’il est, lui aussi, un être humain. Selon les termes de Carl Rogers il doit donc y avoir congruence (cohérence) entre le Moi-Idéal et le Moi-Vécu de l’accompagnant, le premier se référant aux conceptions idéales de soi et le Moi-Vécu au… vécu.

L’empathie : l’accompagnant doit être capable de comprendre une situation, non pas depuis son propre cadre de référence, mais depuis celui de son patient.

Le non-jugement consiste en l’accueil inconditionnel du patient / client qui est accepté telle qu’il est, dans l’ici et maintenant, avec le cadre de référence qui lui est propre.

Bien plus que des concepts à appliquer, ces trois dimensions « Rogériennes » sont des savoir-être et savoir-faire pour le thérapeute ou le coach.

« Les seules connaissances qui puissent influencer le comportement d’un individu sont celles qu’il découvre par lui-même et qu’il s’approprie. » Carl Rogers

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3 – Irvin Yalom et l’approche existentielle

Irvin Yalom 2Irvin Yalom (1931), psychothérapeute existentialiste américain.

Né à Washington en 1931, Irvin Yalom est fils d’immigrés juifs russes. Elevé dans la pauvreté d’un ghetto, il s’est plongé dans la lecture et nourri de la littérature existentielle, dévorant Dostoïevski, Tolstoï, Sartre et Camus. Il exerce en tant que thérapeute depuis plus de cinquante ans. Il est l’auteur de nombreux essais, romans et récits entre littérature, philosophie et psychothérapie, traduits dans le monde entier. Véritable connaisseur de la nature humaine, il réinvente Schopenhauer, Nietzsche, Epicure et Spinoza dans des romans qui traitent de questions fondamentales comme l’angoisse de la mort et le sens de la vie que chacun se pose au cours de sa vie.

Dans ses romans romans que lui-même qualifie de « romans pédagogiques » tant il a le souci de transmettre ce qui fait le cœur de sa pratique, il souligne constamment que la relation entre un thérapeute et son patient est le moteur essentiel de toute thérapie. Pour Irvin D. Yalom, la thérapie existentielle n’est rien d’autre qu’une authentique école pour accepter et vivre pleinement notre condition d’être humain.

En 1980, devenu psychiatre en Californie, professeur émérite de l’université de Stanford, il publie son texte le plus théorique : Existential Psychotherapy (Thérapie existentielle). Dans cet ouvrage il définit les quatre données de l’existence auxquelles toute souffrance explorée en thérapie renvoie : l’aspect inéluctable de la mort, pour chacun de nous et ceux que nous aimons ; notre solitude fondamentale ; la nécessité d’être libre et enfin l’absence d’un sens évident de l’existence. Ce livre s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires aux Etats-Unis.

« C’est la relation qui guérit. » Irvin Yalom

Irvin Yalom interrogé en septembre 2009 par Pascale Senk (Psychologies magazine)

Psychologies : Vous revendiquez une « thérapie existentielle ». Pourquoi ?

Irvin D. Yalom : Pour moi, l’existentialisme n’est pas une forme distincte de psychothérapie. Tout psychothérapeute devrait avoir un sens approfondi des questions existentielles qui se posent à chacun. Aux Etats-Unis, bien des thérapeutes sont contraints de ne pratiquer que des traitements à court terme, pour des raisons financières : les assurances de santé ne remboursent que les thérapies brèves. Ces thérapies fonctionnent sur certains symptômes, de comportement alimentaire par exemple, et visent à changer ceux-là. Mais beaucoup de gens consultent aussi pour des problèmes existentiels très profonds : des personnes âgées qui sont confrontées à une maladie grave ou à l’angoisse de la mort, des gens à l’approche de la retraite se demandent ce qu’ils vont faire de tout ce vide qui les attend… Ce sont des problèmes philosophiques, certes, mais qui touchent à la vie, à l’existence de chacun d’entre nous. La « thérapie existentielle » s’adresse à ces gens-là.

Une thérapie nous permettrait-elle d’alléger la souffrance d’être humain, tout simplement ?

Certainement. Nous souffrons tous d’un certain niveau d’angoisse, nous sommes tous confrontés à des questions fondamentales. Cette souffrance est commune à chacun de nous. Mais certains y ont été exposés plus que d’autres, parfois trop tôt dans leur vie, ou parce qu’ils n’avaient pas les parents qui leur auraient permis d’acquérir la sécurité affective nécessaire à l’affrontement de ces épreuves, et ils en sont submergés. Je reçois des patients dans cet état et je crois pouvoir les aider.

Quels moyens avons-nous pour surmonter le sentiment que notre condition est absurde ?

Être créatif est certainement un moyen de donner un sens à sa vie. Mais il existe également d’autres moyens : s’occuper des autres, s’engager pour une cause, avoir des relations aimantes et, pour certains, l’existence d’une présence divine. Tout ce qui nous vient de l’extérieur de nous-même et nous permet de nous sortir de nous-même.

L’étude de la philosophie pourrait-elle suffire à cela ?

Pour Epicure, la misère humaine prend sa source dans la peur de la mort. Et la majeure partie de son œuvre est consacrée à l’étude des moyens pour nous soulager de cette angoisse. Mais en thérapie, se contenter d’asséner des principes ou de grandes idées ne suffit pas. Il faut aussi apprendre ou réapprendre à communiquer, à être en relation avec les autres. Mon roman The Schopenhauer Cure (Apprendre à mourir, la méthode Schopenhauer) en fait la démonstration : Philip, un ancien patient devenu psychothérapeute, croit pouvoir soigner les autres grâce à la philosophie schopenhauerienne. Jusqu’au jour où il se rend compte que c’est d’abord de Schopenhauer qu’il doit se guérir. La communication d’un savoir ne suffit pas à produire un effet thérapeutique si elle ne s’accompagne d’une relation forte entre thérapeute et patient.

Est-ce en cela que vous vous distinguez de la psychanalyse ?

Je n’ai jamais considéré la psychanalyse comme un moyen très efficace de se soigner. Franchement, plusieurs années de divan à raison de deux séances par semaine, ce n’est pas particulièrement performant, vous ne trouvez pas ? Selon moi, l’efficacité est liée précisément au degré d’implication du thérapeute. Je n’ai jamais apprécié la distanciation, les silences, l’absence de contact visuel prônés par la psychanalyse. En revanche, je la recommande comme une excellente méthode pour se connaître, en particulier pour ceux qui entreprennent une formation de thérapeute. Car toute forme de thérapie est freudienne d’une manière ou d’une autre. Freud n’a pas inventé que la psychanalyse, mais également la psychothérapie. Le dernier chapitre d’Etudes sur l’hystérie, son tout premier ouvrage écrit en 1895 (co-écrit avec Joseph Breuer, Puf, 2002), est précisément consacré à la psychothérapie. C’est un chapitre vraiment extraordinaire. On y trouve toutes les questions importantes qui allaient se poser en psychothérapie au cours des cent années suivantes. Si l’on s’intéresse aux motivations inconscientes d’un patient, à ses rêves, à la manière dont le transfert affecte les relations, on est freudien. Dès lors que la parole intervient dans la thérapie, on est freudien. Pas de manière orthodoxe, bien entendu, mais dans l’esprit.

Vous avez écrit : « Un bon thérapeute n’est pas quelqu’un qui sait, mais quelqu’un qui cherche » (« Le Bourreau de l’amour, histoires de psychothérapie », Galaade, 2005). C’est assez provocateur, non ?

Quand j’entreprends un travail avec un patient, je n’ai pas de programme préétabli, je ne sais pas dans quoi nous allons nous embarquer tous les deux : il s’agit d’une sorte de voyage exploratoire. Chacun est unique, il faut donc, d’une certaine façon, créer une nouvelle thérapie pour chaque patient. Je veux être surpris : à chaque séance, je suis impatient de retrouver mon patient, et je me demande comment sa vie s’est déroulée depuis la séance précédente. De même qu’il est erroné de penser que nous savons tout de la nature humaine, l’orthodoxie en thérapie est une erreur.

Si chaque thérapie est unique, qu’est-ce qui fonde votre pratique ?

Dès les années 1950, Carl R. Rogers avait conclu que l’attitude du thérapeute envers son patient était déterminante pour aider le patient à changer. Il avait défini les trois principales caractéristiques du « bon thérapeute », et elles sont toujours pertinentes. La première : le thérapeute est inconditionnellement du côté du patient, il le soutient. Deuxièmement, il se met en situation d’empathie – c’est-à-dire qu’il est capable de ressentir ce qu’éprouve son patient. Troisièmement, la relation que le thérapeute établit avec son patient doit être authentique, il doit être totalement présent, ne doit pas jouer un rôle, car le travail s’appuie sur la façon dont le patient communique avec son thérapeute. Il arrive par exemple que le patient contredise systématiquement tout ce que je dis. Dès lors, je lui demande s’il s’en rend compte, si ses contradictions étaient intentionnelles. Si ce n’est pas le cas, nous explorons alors les raisons qui pourraient expliquer ce genre d’attitude. Tout ce qui se passe au cours d’une séance constitue en fait du matériau pour ce travail exploratoire.

Et dans une thérapie de groupe ?

Le thérapeute de groupe doit remplir deux tâches principales : il doit avoir une relation personnelle avec chacun des membres, lui donner quelque chose de particulier et, plus important encore, permettre au groupe de devenir le principal agent du changement. C’est très complexe un groupe. Il y a des patients qui éprouvent beaucoup de difficultés à établir une relation intime, seul, en tête à tête, avec un thérapeute. Pour eux, cette forme est tout indiquée. L’objectif du groupe est de permettre à chacun de travailler sur les relations avec les autres membres, une expérience que le patient peut ensuite étendre au reste de son entourage, dans sa vie quotidienne.

Existe-t-il des signes indiquant qu’une thérapie va dans la bonne direction ?

D’abord, on voit évoluer les patients. Les plaintes qu’ils nous adressaient au début tendent à s’espacer, voire à disparaître. Leurs relations aux autres changent. Et finalement, au bout de quelques mois, voire un an ou deux. Pour moi, c’est désormais la durée maximale d’une thérapie. On se rend compte que les séances n’occupent plus une place centrale dans leur vie. Ils vivent leur vie. Et les raisons pour lesquelles ils sont venus me voir se sont progressivement évaporées.

« L’un des grands paradoxes de l’existence est que la conscience de soi engendre l’angoisse. » Irvin Yalom

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4 – Carl Gustav Jung et la psychologie analytique

 Carl Gustav Jung 1Carl Gustav Jung (1875 – 1961), psychiatre Suisse.

La psychologie analytique est une théorie psychologique élaborée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung à partir de 1913. Son histoire est intimement liée à son parcours de vie. Créée au départ pour se différencier de la psychanalyse de Sigmund Freud, elle est représentée dans ses débuts par l’« école de Zurich » avec Eugen Bleuler, Franz Riklin, Alphonse Maeder et Carl Gustav Jung.

« On parle de l’enfant, alors que l’on devrait entendre : l’enfant en l’adulte. Car il y a dans l’adulte un enfant, un enfant éternel toujours en état de devenir, jamais terminé, qui aurait besoin constamment de soins, d’attention et d’éducation. » Carl Gustav Jung

Pour Carl Gustav Jung notre histoire ne commence pas à la naissance. Elle s’inscrit dans une histoire collective, porteuse d’idéaux, de mythes, de croyances, de valeurs, de rêves, qui précèdent notre naissance biologique. Cela signifie que, sous la couche constituée par l’inconscient individuel, il y a un soubassement originaire, racine de la vie psychique, l’inconscient collectif. Celui-ci est constitué d’archétypes, c’est-à-dire de noyaux organisateurs constitués de croyances, de pensées, de fantasmes, de mythes communs à tous les individus d’une même civilisation, voire à l’humanité toute entière.

Lorsqu’ils sont stimulés, ces archétypes s’expriment par des symboles. L’art et les rêves en sont les révélateurs privilégiés. Au-delà de notre Moi (la conscience ordinaire) et derrière notre Persona (notre identité sociale) se cache notre identité authentique. Celle-ci n’est jamais acquise d’emblée mais doit « venir au monde » grâce au processus d’individuation. Cette identité véritable et profonde est le Soi.

La névrose est simultanément un état de désunion avec soi-même et une tentative de guérison. Nous nous différencions les uns des autres par les archétypes qui organisent notre personnalité et notre existence. Le psychanalyste jungien tentera de mettre à jour ces archétypes actifs.

Pour y accéder, il exploitera l’analyse des rêves nocturnes, des rêveries diurnes, des fantasmes et des productions artistiques spontanées. Fondée sur une connaissance approfondie des grands mythes humains, la psychanalyse jungienne entend aider le sujet en quête de lui-même à trouver sa vérité profonde et à favoriser l’accomplissement du destin auquel il se sent appelé.

« Chaque psychothérapeute n’a pas seulement sa méthode, il est lui-même cette méthode. » Carl Gustav Jung

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5 – Alexander Lowen et la bio-énergie

Alexander LowenAlexander Lowen (1910-2008, américain), avocat et médecin.

 

Disciple du psychiatre et psychanalyste Wilhelm Reich, il s’en écarte pour développer sa propre conception bioénergétique. Avec John Pierrakos et William Walling, il fonda l’Institut pour l’Analyse Bioénergétique.

 

« Le processus énergétique du corps détermine ce qui se passe dans l’esprit tout comme il détermine ce qui se passe dans le corps. »

Sa grille de lecture du corps permet de « briser la cuirasse ». Sa thérapie consiste à travailler et réduire les défenses neuro-musculaires structurées dans le corps sous forme de contractions chroniques pour mieux faire circuler les énergies bloquées dans le corps grâce à des exercices physiques et des techniques de respiration.

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