Marc Halevy

La voie de la sagesse : le chemin de la joie et de l’accomplissement de soi.

 

Vous avez dit sagesse ? L’art de bien vivre avec soi-même pour mieux vivre avec les autres ?

Allons plus loin.

 

« La sagesse est l’Art de toujours vivre en joie et l’Art du perpétuel accomplissement de soi. » Marc Halévy

J’ai longuement médité cette définition. Elle m’a inspiré, alors je l’expire.

Sur le chemin de la joie …

La Sagesse c’est agir avec force – ici, maintenant et à chaque instant – pour œuvrer à la beauté de l’Univers. Lorsque je vis pleinement le moment présent, je ne suis plus en proie au doute et aux peurs, je peux œuvrer – en souplesse et en puissance – à l’harmonie qui réunit les opposés apparents.

Le cheminement dans la voie de la sagesse provoque une conversion graduelle de mon regard.

Je convertis mon regard en le tournant vers la beauté du monde. C’est par la joie que la beauté du monde pénètre mon âme.

« Le plaisir se prend, le bonheur se reçoit et la joie se construit. » Marc Halévy

Construire la joie dans mon cœur et la faire rayonner dans le monde en étant aligné, immobile et silencieux. Une absence apparente, une présence dans l’absence. Lorsque je suis connecté avec la beauté du monde, le temps chronos s’arrête et je suis projeté hors de moi en plein kairos.

Je convertis mon regard en adoptant un regard de compassion. C’est apprendre à regarder au delà du comportement observable de l’autre pour connecter son intime (ses blessures cachées, son ego cabossé). Le vaste domaine de l’altérité m’apprend à être en relation avec mon prochain, même si son comportement ne semble pas approprié.

«Au fond de chaque âme patauge le petit tas malodorant de secrets qui blesse le sentiment de beauté et la beauté du sentiment. Chaque homme a sa grandeur et sa petitesse, mais il n’aime pas que l’on regarde sa petitesse. La beauté est dans le regard. Et si le pouvoir n’était que le regard de la charité ?» Bruno Jarrosson

Dans un monde complexe, incertain, qui change inexorablement, le seul élément sur lequel j’ai une maîtrise, c’est moi-même. Considérer que je suis, à mes yeux, une personne importante sur cette terre, apprendre à être durablement bien avec moi même, devient une posture libératrice et contagieuse. C’est à pratiquer, non pas dans un esprit d’égoïsme ou de narcissisme qui enferme, mais dans un esprit d’ouverture aux autres et à la Vie. L’amour de moi-même me permet de comprendre que je suis un cadeau pour l’humanité. Montaigne disait que « s’aimer-soi est le sommet de la sagesse humaine ». L’amour de soi est une force universelle et généreuse qui est le bien le plus précieux de notre vie. Je me rends compte qu’il est aussi le plus maltraité. L’amour oriente l’énergie de chacun vers les bons combats, ceux du développement mutuel, de la coopération, et non pas ceux des querelles, des jalousies et des compétitions qui n’engendrent que frustration et mal-être.

Tant que nous sommes séparés de la conscience du cœur, nous recherchons l’amour à l’extérieur de nous-mêmes, dans une relation ou dans un futur meilleur. Ces « pertes de nous-mêmes » sont la cause de souffrances, de conflits intérieurs et de peurs qui se manifestent aussi dans le monde extérieur sous forme de crises et de guerres. Et si la conscience du cœur nous rassemblait au delà des différences apparentes ?

Sur le chemin de l’accomplissement de soi …

Le but de nos vies n’est pas que nous soyons parfaits, mais que nous devenions la meilleure version possible de nous-mêmes. Il est plus important d’être authentique qu’infaillible. Nous gagnons à écouter notre cœur.

C’est dans la nuit que l’on voit le mieux les étoiles. C’est dans l’obscurité que l’on voit clair et c’est en touchant son ombre que l’on découvre d’où provient la lumière. De nombreux aphorismes expriment cette idée comme par exemple « Va vers toi » ou « Tu es déjà ce que tu cherches ».

« Deviens qui tu es et fais ce que toi seul dois faire. » Nietzche

Nous nous sommes éloignés de la conception de l’homme qu’avaient les Grecs anciens. Ils considéraient l’homme comme l’interaction entre trois éléments : Soma (le corps physique), Psychè (l’âme) et Noüs (l’esprit). Au dessus de Noüs se situe Pneuma (le Souffle, le Soi divin ou l’Esprit Saint selon les traditions et religions). Antoine de Saint Exupéry l’a dit à sa façon : «l’essentiel est invisible à nos yeux, nous ne voyons bien qu’avec le cœur». L’homme ne voit véritablement que par le Noüs (la pointe fine de l’âme), cet entre-deux, ce pont entre la Psyché (l’âme) et le Pneuma (le Souffle).

Je dois faire l’expérience de mon Moi supérieur. Je dois apprendre à me détacher de mon ego (mon petit moi) qui n’est pas ce que je suis réellement. Il n’est que l’image que j’ai de moi-même, mon masque social, le rôle que je joue, ma persona comme le dénommait Carl Jung. Mon ego me donne l’illusion d’avoir du pouvoir et de contrôler. Seul le pouvoir de mon Moi supérieur (mon Soi) est véritable car il me permet de cheminer vers ma totalité, ma plénitude, mon accomplissement.

Dans la voie de la sagesse, sur le chemin de la joie et de l’accomplissement de qui je suis véritablement, l’aventure continue.

Sens de la vie 1