megamind-megasens,actualite,132,image1,fr1297157380,L320Mon destin est la voie que je me choisis et non pas celle que les autres choisissent pour moi

« Megamind » est un film d’animation américain réalisé par Tom McGrath. Il est sorti en salles en France en décembre 2010.C’est de mon point de vue un véritable cocktail d’émotion, d’action et d’humour au service de ce message fort …
« Mon destin est la voie que je me choisis et non pas celle que les autres choisissent pour moi. »

Megamind 2

Si je ne suis pas porteur de ma légende personnelle, ce sont les autres qui continueront à décider pour moi.

Si je me juge au travers du regard (critique ou flatteur) que portent les autres sur moi, je ne suis pas l’auteur de ma vie.

Je complète ce propos sur l’individuation par un extrait d’une interview de Cynthia Fleury (philosophe et psychanalyste) dans laquelle elle insiste sur l’importance pour chacun de construire son propre destin.

« Le sujet individualiste est passionné par lui-même, autocentré, replié, grisé par l’ivresse de soi, alors que le sujet individué met en place un regard sur le monde extérieur, déploie et assure un socle, une assise, qui lui permet d’entrer en relation avec ce qui l’entoure. L’aventure de l’irremplaçabilité, la voie de l’individuation, ressemble ainsi sous maints aspects à celle de la dépersonnalisation. Il ne s’agit pas de devenir une personnalité, d’être dans la mise en scène de l’ego. L’enjeu est au contraire relationnel : il s’agit de se décentrer pour se lier aux autres, au monde, au sens.

Comment accéder à cette individuation ?

Faire advenir du temps pour soi n’est pas gagné d’avance. C’est une exigence permanente. Pour se connaître soi-même et accéder à la qualité de présence qu’il doit au monde, le sujet doit passer par trois dynamiques de connaissance et de comportement, qui sont autant d’épreuves du feu : l’imagination, la douleur et l’humour. Avec la première, l’imaginatio vera, le sujet produit une imagination vraie, qui est « agente », qui crée du réel. Cette faculté de l’âme et du cœur, aux confins du monde sensible et du monde intellectuel, est une puissance de création inouïe. A cet égard, l’espace imaginaire, littéraire, est vraiment l’espace de configuration du réel ; il n’est en rien déréalisant, comme on le croit parfois. C’est lui qui nous permet de verbaliser et de comprendre ce qu’est le réel. La deuxième faculté, le pretium doloris, soit le prix de la douleur, nous enseigne que le geste de la pensée a un prix et que l’accès à la vérité peut être une expérience douloureu­se. Le procès de Socrate en est le symbole même : connaître et se connaître impliquent d’être en risque.

Qu’en est-il de l’humour ?

La vis comica, la force comique, opère un effet de décentrement, de distanciation qui fait surgir la conscience réflexive. La puissance de l’humour nous permet d’attraper l’absurdité du réel, ainsi que notre propre insuffisance et manque. Alors qu’on découvre l’absolue inanité, vanité, stupidité du sujet, on parvient quand même à en faire quelque chose. Cela est essentiel dans le processus d’individuation, qui est d’abord une conscience du manque, alors que l’individualisme, infatué par sa pseudo-toute-puissance, a totalement oublié qu’il était manquant. L’individuation, c’est une épreuve du réel, un accès à la vérité. C’est un dire qui s’oblige et non qui oblige, et qui rend ainsi le sujet fidèle à lui-même, irremplaçable. C’est une parole donnée, un effort que déploie l’individu pour se lier au discours qu’il énonce. »

 

A voir (et revoir) en famille.