Les Accords Toltèques :

la voie de la liberté personnelle

et de la chevalerie relationnelle.

 

Dans la première partie de cet article, je présente les Accords Toltèques sur la base de ce que j’ai lu et compris dans les ouvrages de Don Miguel Ruiz.

Dans la deuxième partie de cet article, je m’inspire des propos d’Olivier Clerc sur la chevalerie relationnelle et j’explique de mon point de vue en quoi les Accords Toltèques peuvent aider un accompagnant (coach, thérapeute) à améliorer sa pratique professionnelle.

Première partie :

Les Accords Toltèques.

Artistes, philosophes, chamanes et guerriers d’Amérique Latine, les Toltèques ont vécu pendant 400 ans environ (de +/- 900 à +/- 1300) autour de Tula, leur capitale, située près de Teotihuacan au Mexique.

Le but de l’enseignement Toltèque était de permettre à chacun de faire de sa vie un chef d’œuvre.

La voie Toltèque était une voie de Sagesse qui comprenait trois maîtrises :

  • La maîtrise de l’Attention (ou de la Conscience)
  • La maîtrise de la Transformation
  • La maîtrise de l’Intention (ou maîtrise de l’Amour)

Pour faire court, il s’agit de d’abord prendre conscience de ce qui nous limite pour le transformer et arriver à vivre l’amour au quotidien.

Don Miguel Ruiz a synthétisé la deuxième maîtrise, celle de la Transformation, en quatre Accords (puis en un cinquième : « soyez sceptique mais apprenez à écouter »).

L’intention est de conclure avec nous-mêmes ces 5 Accords de Sagesse afin de nous libérer de tous les autres accords qui nous limitent et nous entravent (tels que ceux que nous avons conclus dans notre enfance avec nos parents, nos éducateurs et toutes les personnes qui ont fait autorité pour nous).

Les 5 accords Toltèques ont été formalisés par Don Miguel Ruiz dans deux ouvrages (« Les 4 Accords Toltèques » puis « Le 5° Accord Toltèque »).

Les quatre premiers Accords sont les suivants :

  • « Que votre parole soit impeccable. »
  • « Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle. »
  • « Ne faites pas de supposition. »
  • « Faites toujours de votre mieux. »

Dans leur énoncé, ces quatre Accords sont extrêmement simples. Leur mise en pratique l’est beaucoup moins car elle requiert vigilance et persévérance. Ils se révèlent alors très puissants pour transformer notre façon de vivre en général et notre façon d’être en relation en particulier.

1 – « Que votre parole soit impeccable. »

Vaste programme ! Étymologiquement, impeccable signifie « qui ne pêche pas ». Selon Don Miguel Ruiz, nous « pêchons » lorsque nous commettons quelque chose contre nous-mêmes. Une parole impeccable est une parole qui ne nous nuit pas et qui ne nuit pas aux autres.

Cela implique de s’abstenir de se juger, de se critiquer et de répéter à son encontre des propos désobligeants tenus par d’autres. Cela implique également de nettoyer son langage des expressions négatives. Comme par exemple « ça me tue », « j’en ai plein le dos », ou même « c’est trop bien » … Pourquoi  « trop » ?

Une parole impeccable nous demande d’éviter également les mots qui nuisent à autrui : médisance, jugement, critique, calomnie, etc. Pourquoi ? Parce que tôt ou tard ces paroles, même dites en toute discrétion, atteignent leur cible puis nous reviennent.

La parole est une énergie : elle ne reste jamais sans effet. Comme l’énonce le prologue de l’Évangile de Saint-Jean, le monde a été créé par le Verbe. L’homme est créateur de sa parole, en bien comme en mal. Il peut par exemple choisir de faire une déclaration d’amour ou une déclaration de guerre.

C’est donc un choix qu’il appartient à chacun de nous de faire un jour : celui de la bénédiction. Le pouvoir de décider d’utiliser sa parole uniquement pour bénir : pour dire le bien que je vois chez moi et chez les autres. Cela demande un effort soutenu, à l’image de celui requis pour maîtriser le maniement d’une épée. Selon Don Miguel Ruiz, de tous les Accords, c’est le plus important est le plus difficile à honorer. Ce seul Accord conclu avec soi-même permet de faire de sa vie un véritable « paradis personnel ».

Pour seul paiement de ses guérisons miraculeuses, le guérisseur du début du XXe siècle Maître Philippe de Lyon demandait à leurs bénéficiaires qu’ils ne disent pas de mal d’autrui durant une heure, un jour ou une semaine, selon les cas. C’est dire l’importance qu’il attachait à ne pas médire. En effet, la médisance est un poison émotionnel et relationnel. Elle salit, elle pollue, elle détruit. Tout comme nos ordinateurs sont désormais équipés de logiciels antivirus, nous gagnerions à nous équiper intérieurement d’un « détecteur de médisance », pour ne plus en être les complices et les propagateurs même inconscients. Dans le corps social, les dégâts de cette parole mauvaise sont comparables à ceux des virus informatiques dans les réseaux.

Jésus affirmait que ce n’est pas ce qui entre dans la bouche d’un homme qui le souille, mais ce qui en sort. Refuser de propager des rumeurs ou de médire, c’est faire l’écologie de la parole. Ne plus polluer autrui ni soi-même avec les mots, c’est contribuer (par sa parole) à créer un monde meilleur.

Don Miguel Ruiz conseille à ceux qui veulent conclure cet Accord d’être patient avec eux-mêmes car il n’est pas possible d’acquérir une parole impeccable du jour au lendemain. Rien ne sert donc de se juger. Si nous rompons cet Accord par mégarde, comme l’enfant qui apprend à marcher et qui tombe, nous choisirons de nous relever et de persévérer. Avec la pratique soutenue d’une parole impeccable, nous percevrons vite les améliorations dans notre vie et la motivation à maintenir cet Accord s’en trouvera accrue.

2 – « Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle. »

Rien qu’en appliquant ce deuxième Accord, nous commencerons à briser des dizaines de petits accords qui nous font souffrir. Ne plus prendre les choses personnellement, c’est retirer à autrui le pouvoir que nous lui avons donné de nous juger, de nous critiquer, de nous nuire. C’est cesser d’attacher de l’importance à l’opinion d’autrui. C’est ne plus dépenser d’énergie à défendre une image idéale de soi contre les critiques, ni à chercher à la nourrir de compliments. Au quotidien, il est plutôt habituel de prendre personnellement tout ce qui nous arrive. La moindre remarque nous irrite ou nous attriste. Tout en comprenant la pertinence de ce deuxième Accord, nombreux sont ceux qui ont de la peine à l’appliquer. En effet, il est difficile de mettre en pratique une injonction en « ne … pas ». OK, je n’en fais pas une affaire personnelle. Mais alors … j’en fais quoi ? Untel me traite d’idiot ou d’incompétent, m’insulte ou m’humilie. Comment réagir autrement que personnellement ?

Il convient de changer de centre de gravité dans la relation, de se « décentrer ». Au lieu de m’occuper de moi, de ce que les autres disent de moi, de comment ils se comportent envers moi, je choisis de m’intéresser à l’autre. Qu’est-ce que son attitude et ses paroles me disent de lui (et non de moi) ? Que m’apprend-t-il sur lui en me parlant de moi ?

« Une montée est une descente vue d’en bas » dit un adage plein de bon sens. Cela nous rappelle qu’une opinion n’a de pertinence qu’en fonction du point de vue d’où on l’émet. C’est ce que soulignait Courteline avec humour lorsqu’il disait que « se faire traiter d’idiot par un imbécile est une volupté de fin de fin gourmet ». Celui qui me traite par exemple d’incompétent m’indique surtout depuis quelle orgueilleuse hauteur il me considère.

Enfant, c’est à travers le regard de nos parents et des adultes qui nous entouraient que nous nous sommes formé une image de nous-mêmes. C’est à travers leurs paroles et leurs regards que nous avons cru apprendre qui nous étions : « tu es moche », « tu es nul(le) », « tu es lent(e) », « tu es insupportable »  … Nous avons accepté ces jugements en croyant fiable le point de vue des adultes. Ces qualificatifs ont eu un impact sur nous parce que nous avons donné notre accord à ce qui était dit de nous.

Adulte, devenu conscient de la relativité des points de vue de ceux qui nous ont étiquetés, il nous revient de briser les accords qui nous limitent et nous rendent dépendants de l’opinion d’autrui. Il nous revient de conclure l’accord de ne plus accepter (en les prenant personnellement) les opinions et jugements d’autrui qui ne reflètent le plus souvent que leur point de vue relatif.

Un accord important à briser, pour ne plus prendre les choses personnellement, est donc celui qui consiste à croire que les autres nous connaissent mieux que nous. En réalité, personne n’est dans notre tête, dans notre cœur ou dans notre corps. Nul ne sait mieux que moi ce qui se passe en moi, ce qui m’anime, pourquoi je me lève le matin, quelles sont mes valeurs, mes intentions, mes idéaux, mes craintes. Notre propre étalon, c’est en nous qu’il convient de le chercher (et pas dans l’opinion fluctuante des autres).

Pour conclure sur ce deuxième Accord, un point de vigilance : ne pas prendre les choses personnellement ne signifie pas ne pas les prendre du tout. Tout renvoyer à son interlocuteur en lui disant « c’est ton point de vue », « c’est ton problème », « c’est ta vision des choses » … aboutit à s’enfermer dans une bulle où il n’y a plus d’échange avec autrui. Le regard d’autrui sur nous n’est pas forcément juste et en même temps il est tout de même intéressant à considérer. Il a toujours quelque chose à nous apprendre, sur l’autre ou sur nous-même (par les réactions qu’il déclenche en nous notamment). Je compare les jugements des autres à mon égard à des « manteaux » dont ils m’habillent. Je sais que je ne suis pas responsable de ces « manteaux » dont ils m’habillent et en même temps, je sais que je suis responsable des « crochets » qui sont les miens et qui permettent à ces manteaux de tenir. Je pratique alors « la règle du 1% minimum » et je m’interroge sur le pourcentage qui m’appartient véritablement. C’est lorsque nous avons cessé de prendre les choses personnellement que nous sommes le mieux en mesure de tirer profit d’une opinion ou d’un jugement, précisément parce que nous n’y réagissons plus. L’échange peut alors être ouvert, constructif, mutuellement enrichissant, même lorsqu’il débute de façon agressive.

3 – « Ne faites pas de suppositions. »

« Never assume » dit le Dalaï-Lama. « Ne faites pas de suppositions » confirme Don Miguel Ruiz. Conclure cet Accord transforme notre vécu quotidien. Pourquoi ? Parce que cette habitude de prêter des intentions à autrui (alors que ce sont forcément les nôtres), représente un obstacle majeur à la communication.

Écoutons les conversations autour de nous. On y parle d’absents, de ce qu’ils ont fait ou dit et des intentions que nous leur prêtons. « Mon patron m’a dit ceci parce qu’il croit que … » « Ma femme a fait ça parce qu’elle s’imagine que … » Faire des suppositions nuit à la communication parce que cela nous retient de demander aux autres les motivations réelles de leurs actions (et qui sont souvent très différentes de celles que nous leur prêtons). Si je crois savoir ce qui vous pousse à agir ou parler ainsi, je ne vais pas prendre la peine de vous le demander. Chaque fois que nous croyons deviner les motivations d’autrui, nous ne sommes pas confrontés à lui mais à l’idée que nous nous faisons de lui, donc à nos propres projections.

Au quotidien il s’avère difficile de ne pas faire de suppositions, tellement ce mode de fonctionnement est ancré en nous. Alors, plutôt que de prêter une seule intention à autrui (souvent la pire), il convient de lui en prêter au minimum deux et contradictoires.

Par exemple, un automobiliste me double à toute allure sur une route nationale et me fait une queue de poisson. À la supposition que c’est un chauffard et un égoïste qui se fiche des autres, il convient d’opposer immédiatement celle que sa femme est peut-être en train d’accoucher, qu’il fait une crise d’asthme, qu’un cas de force majeur le conduit à prendre ces risques. La réalité, c’est que je n’en sais rien. Je constate un fait mais je n’en connais pas la raison. Alors je choisis de me refuser à accepter la première explication simpliste qui me vient à l’esprit (souvent la pire) et de m’énerver tout seul.

Tout comme les Sophistes étaient capables de défendre un point de vue et son contraire avec la même force d’argumentation, il est enrichissant et libérateur de multiplier les suppositions chaque fois qu’aucune certitude n’est permise. Cela évite de réagir mécaniquement à ses propres intentions projetées sur autrui. Cela permet de rester plus ouvert, plus serein, moins partial, moins prisonnier d’émotions polluantes. Cet Accord est surtout une invitation à aller vers l’autre, à communiquer avec lui, à lui demander (quand c’est possible) les raisons de son comportement. Il est facile de confondre une supposition avec la réalité, mais lorsque nous en faisons plusieurs, il devient clair que ce ne sont que des suppositions. Nous évitons ainsi de nous faire piéger et nous sommes davantage dans la réalité de ce qui se passe pour l’autre. Que de problèmes sont ainsi évités !

4 – « Faites toujours de votre mieux. »

A priori, cela fait un peu « boy-scout », non ? Autant les trois premiers Accords titillent notre curiosité et nous interpellent, autant celui-ci semble tout d’abord n’avoir rien de bien passionnant à nous apprendre. Et pourtant. La raison d’être de ce quatrième Accord est des plus importantes car il nous sert à nous épargner le poison émotionnel de la culpabilité.

Si j’ai fait de mon mieux, quel que soit le résultat de mon action, je ne culpabiliserai pas. « OK ça n’a pas marché, et en même temps j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir ».

Ce mieux que nous nous efforçons de faire, Don Miguel Ruiz souligne qu’il varie d’un jour à l’autre. Lorsque je suis en pleine forme physique, mentale et émotionnelle, que tout va bien sur tous les plans, mon mieux sera meilleur que le jour où je suis malade, déprimé, contrarié ou angoissé. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un mieux universel et absolu, d’un idéal de perfection qui ne servirait alors qu’à nous empoisonner l’existence. C’est un mieux réaliste, que chacun de nous est en mesure d’évaluer au jour le jour, en fonction de son état intérieur et de ses ressources. Si faire moins que son mieux conduit à la culpabilité, vouloir faire plus que son mieux conduit au perfectionnisme et progressivement à l’épuisement. Derrière son apparence simpliste, cet Accord s’avère en réalité beaucoup plus important que nous l’imaginons a priori.

« Les trois premiers Accords Toltèques ne fonctionneront que si vous faites de votre mieux. Ne vous attendez pas à toujours vous exprimer avec une parole impeccable. Vos habitudes sont trop fortes et trop bien ancrées dans votre esprit. Mais vous pouvez faire de votre mieux. N’imaginez pas que vous ne prendrez plus jamais rien personnellement. Faites seulement de votre mieux. Ne croyez pas que vous ne ferez plus jamais la moindre supposition. Et en même temps, vous pouvez parfaitement faire de votre mieux. » Don Miguel Ruiz

En faisant de notre mieux, nos trois habitudes de mal utiliser notre parole, de faire une affaire personnelle de tout ce qui nous arrive et de faire des suppositions, vont s’affaiblir et se manifester de moins en moins souvent. Nous n’avons pas à nous juger, à nous sentir coupable ou à nous punir, si nous n’arrivons pas à toujours respecter ces Accords. Si nous faisons de notre mieux, nous nous sentirons bien, même en faisant encore des suppositions, même s’il nous arrive encore de réagir de façon personnelle, même si notre parole n’est pas tout le temps impeccable.

Deuxième partie :

En quoi les Accords Toltèques peuvent aider un accompagnant à améliorer sa pratique professionnelle ?

Dans le magazine Inexploré (n°17 – 1er trimestre 2013), Olivier Clerc a rédigé un article sur la chevalerie relationnelle à partir des « Quatre Accords Toltèques » et du « Cinquième Accord Toltèque » de Don Miguel Ruiz. Cette comparaison avec la chevalerie relationnelle m’a inspiré un parallèle avec mon métier d’accompagnant.

A titre personnel, les Accords Toltèques font partie intégrante de mes Accords de Vie et dans mon métier ils me permettent de progresser dans la voie de l’accompagnement relationnel.

En appliquant les 5 Accords Toltèques, je peux (re)devenir l’auteur de ma vie. Grâce à mon exemplarité dans ma posture d’accompagnant (coach / thérapeute), je peux inspirer la personne que j’accompagne et lui permettre à son tour de (re)devenir l’auteur de sa vie.

Pour résumer mon idéal d’accompagnant …

Coach & thérapeute relationnel,

je suis attentif à toujours faire de mon mieux

pour écouter avec attention,

parler avec intention,

ne pas prendre les choses personnellement

et ne pas faire de suppositions.

 

1 – « Que ma parole soit impeccable : mon épée relationnelle. »

L’épée est une arme à double tranchant, tout dépend de qui la manie et des intentions qui l’animent. La parole est symboliquement l’épée du chevalier relationnel. Elle peut éclairer, encourager, éduquer, elle peut même guérir, restaurer la confiance en soi, embellir. Revers de la médaille, la parole peut aussi déclencher des guerres, semer la discorde, répandre rumeurs, calomnies et ragots. Et si ma parole ne servait désormais plus que le meilleur ?

Coach / thérapeute, je décide de mettre ma parole au service du meilleur.

Je parle authentiquement à mon client : je lui dis ce que je pense et ressens. Pas de compliment ou de flatterie pour l’encourager faussement, pas de parole de sauvetage quand je le sens en danger.

L’épée est le symbole du Verbe au double pouvoir tranchant, destructeur et créateur, arme de lumière qui frappe en plein cœur et vainc les ténèbres. Ma parole est symboliquement mon épée : elle peut éclairer mon client, l’encourager, lui permettre de retrouver confiance en lui mais elle peut aussi lui être dommageable si elle le renforce dans ses représentations limitantes par exemple. Alors je suis vigilant aux croyances limitantes (pour le dire autrement aux « auto-tromperies ») de mon client.

2 – « Quoi qu’il arrive, je n’en fais jamais une affaire personnelle : mon bouclier miroir relationnel. »

Le chevalier relationnel possède un bouclier qui le protège de l’agression. Si quoi qu’il arrive, je n’en fais pas une affaire personnelle, les paroles des autres ne m’atteignent plus. Quelle liberté retrouvée !

Ce que mon client dit et fait n’est qu’une projection de sa propre réalité, de sa vision du monde. La parole et les comportements de mon client me permettent de comprendre son paysage identitaire : ses valeurs, ses croyances, ses espoirs et ses engagements.

Dans ses jugements sur les autres et le monde qui l’entoure, mon client parle de lui, de ses « ombres sombres » et de ses « ombres dorées ».

Les mots de mon client se reflètent dans mon bouclier miroir. Lorsque je reformule, sans juger ni interpréter les propos de mon client, je lui renvoie ses projections et lui permet de mieux se comprendre.

« Admettre que mes croyances sont des constructions mentales, c’est considérer que je peux changer ma vision de moi, des autres et du monde. Ce qui me responsabilise tout en me redonnant de la liberté. » Gregory Bateson

3 – « Je ne fais aucune supposition : ma quête relationnelle. »

Tout chevalier qui se respecte est en quête de la Vérité. Il n’est pas question de vivre dans l’illusion, les mensonges ou les faux-semblants. Le chevalier relationnel s’efforce de sortir de ses suppositions et de revenir à la réalité, à la vérité de la relation.

J’ai conscience que je ne vois pas le monde tel qu’il est. Je vois le monde tel que je suis. En effet, je filtre la réalité (objective) à travers le filtre (subjectif) de mes croyances, de mes blessures, de mes valeurs et de mes espoirs.

Comme je ne veux pas vivre dans l’illusion, les mensonges ou les faux-semblants, je m’efforce de sortir de mes suppositions et de revenir à la réalité, à la vérité de notre relation. Je peux faire plusieurs suppositions mais je me garde de n’en faire qu’une seule et de la croire vraie car je ne verrai la relation de mon client à son problème uniquement sous cet angle. Je vérifie donc mes hypothèses avec mon client.

Je communique clairement avec mon client pour éviter les malentendus. J’ai le courage de lui poser toutes les questions que je juge utiles et de le confronter en exigence (sans complaisance pour lui permettre d’expérimenter le changement qu’il souhaite) et en bienveillance (dans le respect de qui il est).

En tant qu’accompagnant, je suis en quête de vérité dans ma relation à mon client et cette vérité passe par une neutralité bienveillante.

4 – « Je sais écouter tout en restant sceptique : mon heaume relationnel. »

Le chevalier relationnel écoute mais ne croit pas sans discernement. Il se protège des croyances infondées et fait preuve d’une saine dose de scepticisme y compris vis-à-vis de ce que lui raconte son mental.

Je fais alliance avec mon client mais pas avec sa problématique. J’écoute mais je ne crois pas sans discernement tout ce qu’il me dit. Je reformule ce que j’entends et je n’hésite pas à recadrer ses propos pour lui permettre de nettoyer les lunettes avec lesquelles il regarde le monde.

J’identifie tout ce que mon client ou son entourage fait pour résoudre son problème (et qui ne fonctionne pas). Des recadrages ajustés sur les tentatives de solution de mon client l’aident à transformer ses problèmes en défis à relever et en processus d’apprentissage (sur sa relation à lui-même et aux autres).

Parce que mon client n’est pas tout le temps ni complètement en relation avec son problème, je le questionne sur les moments d’exceptions et je cherche à comprendre ce qu’il a fait (ou pas) et ce que son environnement a fait (ou pas) pour cela. En questionnant sur les moments d’exceptions, je mets mon client dans son « espace solution » et lui fait prendre conscience de ses ressources (« points de solidité »).

Je sais faire preuve d’une saine dose de scepticisme, également et surtout vis-à-vis de ce que me raconte mon propre mental.

5 – « Je fais toujours de mon mieux : ma devise relationnelle. »

Le chevalier relationnel évite le perfectionnisme et le laxisme. Il est dans le juste, dans le vivant. Au quotidien, il se demande s’il fait de son mieux pour avoir une parole impeccable, pour ne pas prendre les choses personnellement, pour ne pas faire de suppositions et pour écouter tout en restant sceptique.

Je m’efforce d’éviter le perfectionnisme et le laxisme.  Je sais que « mon mieux » change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, je prends soin de ma relation avec mon client du mieux que je le peux.

Du mieux que je peux, je crée les conditions pour permettre à mon client de trouver une solution à son problème. J’ai une obligation de moyens (et non pas de résultat) envers mon client. Mon métier d’accompagnant consiste à « mener le cheval à la rivière mais je n’ai pas le pouvoir de le faire boire ». Mon client évolue à son rythme, je n’en fais pas une affaire personnelle. Je fais confiance à mon client : il saura me guider pour le guider.

 

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