« Servant Leader »

 

Une définition « classique » du leadership parmi d’autres pourrait être :

Un leader fait grandir dans leur leadership celles et ceux à qui il a donné envie de le suivre.

Comment les fait il grandir ? A la manière des océans qui ont créent les continents … en se retirant. Un leader crée des futurs leaders au sein de son équipe en les responsabilisant, en les autonomisant, en lâchant prise, en abandonnant le faire faire et en adoptant le « laisser faire ».

Une définition plus « systémique » du leadership pourrait être :

Le leadership est l’art d’être en relation avec soi-même et les autres au service de l’efficience.

Étant donné que charité bien ordonnée commence par soi-même, l’art d’être en relation avec les autres est avant tout déterminé par l’art d’être en relation avec soi-même.

Je définis l’efficience comme une performance durable qui a du sens et procure du plaisir.

Le sens (la finalité, l’intention, le pour quoi), la performance (l’efficacité, les résultats obtenus), le durable (l’écologie globale) et le plaisir (la joie procurée, l’épanouissement généré) sont les quatre caractéristiques d’une véritable efficience.

Un leader efficient donne du sens et met en valeur ce que son équipe et lui réalisent.

L’écologie globale : l’efficience sous-entend l’optimisation des énergies mises en œuvre pour être efficace. Un leader efficient atteint son objectif tout en étant attentif aux ressources qu’il puise en lui-même, au sein de son équipe et de son environnement. Il ajuste son activité et celle de son équipe pour conserver une motivation optimale. Il cherche à ce que chacun, y compris lui-même, trouve du plaisir et de la stimulation intellectuelle. Enfin, il veille à maintenir un bon équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée et a le souci que ses collaborateurs et collaboratrices puissent en faire de même.

Seule l’efficience permet d’obtenir une performance durable. La véritable performance est celle qui s’inscrit dans la durée et concerne l’homme à un double titre : en tant que sujet en développement et sujet au service de l’organisation.

En quoi consiste la posture du Leader Serviteur ?

De nombreuses entreprises dites « agiles » ou « libérantes » s’engagent aujourd’hui dans la voie de la libération des énergies des femmes et des hommes qui y œuvrent. La posture de Leader Serviteur (« Servant Leader ») émerge. Elle doit être incarnée avec conviction et exemplarité sur la durée pour porter les fruits de son efficacité.

Les principaux leviers de cette nouvelle posture de leadership sont :

  • La fédération des énergies autour d’un enjeu supérieur : le Leader Serviteur rappelle régulièrement le sens (le pour quoi) et délègue le processus (le comment faire) et le contenu (le quoi). Une vision inspirante, un grand rêve est un levier de motivation qui permet aux collaborateurs et collaboratrices de s’engager pleinement.
  • Une mise « au service de » son équipe : le Leader Serviteur adopte une posture gagnant-gagnant qui favorise le respect et l’autonomie. Il intervient sans (s’)imposer ni contrôler. Il est passé du « pouvoir sur » au « pouvoir pour ». Il se positionne vis- à vis de son équipe dans une relation d’adulte à adulte et sort du cadre décideur / exécutant(e)s qui est infantilisante. Dans son équipe chacun est libre de prendre des initiatives. Le droit à l’erreur est permis : il a quasiment valeur de diplôme tant que les apprentissages permettent de ne pas refaire les mêmes erreurs. Le Leader Serviteur pratique le « laisser faire » en ce qui concerne le « comment faire ».
  • La facilitation : le Leader Serviteur est un facilitateur qui rappelle constamment le cap, la direction, le sens. Il fluidifie les relations dans l’équipe et avec les autres équipes, il gère les irritants et les conflits. Il fait respecter les valeurs d’équipe (les principes d’action et d’interaction) dont celle de la coopération. Il privilégie l’écoute et les échanges entre pairs. Il ne privilégie pas forcément le consensus et favorise la décision en mode consentement.
  • L’émergence des potentiels individuels : avec empathie, le Leader Serviteur cherche à faire émerger le potentiel de chacun. Il relie dans un équilibre subtil la croissance de chaque individu à l’amélioration du collectif : il cherche à trouver la meilleure connexion entre les aspirations individuelles et le collectif. Il fait en sorte que l’équipe soit une communauté d’individus accomplis et engagés exprimant leurs talents et leurs compétences.

Le Leader Serviteur crée les conditions pour que son équipe soit au service d’une performance durable qui a du sens et procure du plaisir.

Le leadership des chefs d’orchestre est régulièrement évoqué et des parallèles sont faits avec celui des leaders en entreprises. A ce sujet, je vous recommande de visionner la conférence TEDx de Itay Talgam « Lead like the great conductors »

Dans ce que Itay Talgam nous montre des quatre chefs d’orchestre qu’il nous présente, je trouve que le style de Carlos Kleiber illustre bien le style du Leader Serviteur. J’y retrouve cette alchimie entre le contrôle (l’intention, la vision) et le lâcher-prise (le laisser faire).

Voici ce que je retiens des mots du conférencier Itay Talgam au sujet des 4 styles de leadership présentés (même s’ils ne se résument pas à cela) :

  • Carlos Kleiber (argentin & allemand né à Berlin en 1930, mort à Konjšica en Slovénie en 2004) : he is happy and spreading happiness, he creates the conditions for performance enabling other stories to be heard at the same time, he is not telling what to do, he is opening a space for the musicians, he has his plan in his head and the force keeps the musicians in place, they are partners, authority is there only when needed, he enjoys the performance of his partners, “he is doing without doing”.
  • Leonard Bernstein (américain né à Lawrence en 1918 et mort en 1990 à New York) : he shares the meaning.
  • Herbert Von Karajan (autrichien né à Salzbourg en 1908 et mort près de Salzbourg en 1989) : he does not give clear instructions, musicians have to guess what he has in his mind.
  • Riccardo Muti (italien né en 1941) : he is commanding with control and sanctions (“I am responsible”), musicians of the Scala are unhappy because they are used by the conductor as instruments and not considered as partners.

Pour conclure cet article, je considère qu’il revient à chaque leader d’écrire sa propre définition du leadership et surtout de l’incarner au quotidien.

Et vous, quelle est votre vision du leadership ? Quelles sont vos expériences et vos apprentissages de leadership ?

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