Oser 2

 

Vous manquez de confiance en vous ?

De quel type de confiance s’agit-il ?

 

Pour vous aider à y répondre, je partage ci-après de larges extraits du livre d’Isabelle Filliozat « Fais-toi confiance » aux Editions Marabout.

S’agit-il de la confiance de base, autrement nommée sécurité intérieure, cette sensation corporelle d’être à sa place dans la vie, cette profonde paix intérieure qui nous confère la liberté ?

S’agit-il de la confiance en votre personne propre ? S’agit-il de la confiance en vos sensations, en vos émotions, en votre jugement, en votre capacité à affirmer vos désirs et besoins, à dire « je veux », à dire « je » tout simplement sans craindre de vous différencier des autres, d’être rejeté ou isolé ?

S’agit-il de la confiance en vos compétences ? Avez-vous des difficultés à dire « je peux » ? Manquez-vous de confiance en l’une ou l’autre de vos capacités : votre intelligence, vos talents, vos ressources, votre mémoire, vos connaissances … ?

S’agit-il de confiance relationnelle ou confiance sociale ? Confiance en l’autre mais aussi surtout en votre capacité à établir des relations authentiques et durables, à vous sentir à l’aise en société, dans des systèmes hiérarchiques et organisés tout autant que dans des situations informelles.

Au cours de votre première année dans les bras de vos parents, vous installez votre sentiment de sécurité intérieure. Puis, grandissant, vous commencez à vous opposer, à développer votre propre personnalité. Respecté par vos parents dans vos désirs, dans vos besoins, dans vos sensations, dans vos choix, dans vos jugements, vous renforcez la confiance en votre personne propre. A partir de trois ou quatre ans, vous explorez davantage le monde, vous voulez faire les choses « tout seul », vous développez la confiance en vos compétences. A l’école, vous rencontrez vos pairs, vous vous faites des amis, vous renforcez votre confiance relationnelle. Quand ces quatre étapes sont solides, vous sentez en vous une profonde confiance en la vie et votre devenir.

Pour aller plus loin …

Quel est votre niveau de sécurité intérieure (confiance de base) ?

Vous plaisez-vous en votre propre compagnie ? Avez-vous le sentiment d’avoir votre place sur terre ? Vous dites-vous que l’avenir a un projet pour vous ? Etes-vous confiant dans la vie ?

La sécurité intérieure, ou confiance de base, c’est la sensation d’être confortablement installé à l’intérieur de soi, bien assis dans sa base, dans sa colonne vertébrale, dans son sacrum. C’est une sensation physique, une expérience corporelle élaborée dans le contact avec les parents. Elle n’est pas liée aux seuls messages verbaux de ces derniers, même si les « je t’aime » la confortent.

Celui qui n’a pas reçu suffisamment de contact physique authentique de la part de ses parents, qui n’a pas pu intérioriser suffisamment de sécurité intérieure, éprouve le besoin d’être toujours en contact avec autrui. Il n’arrive pas à affronter un moment de solitude. Il est dépendant de son téléphone. Téléviseur ou radio sont allumés en permanence pour faire un bruit de fond. Il a peur du silence, du vide, de la solitude … Il s’installe dans une dépendance à autrui (parents, conjoint, enfants …) ou fixée sur un objet transitionnel comme la cigarette, l’alcool, le travail, la drogue, les vêtements, la nourriture, l’argent, le pouvoir, l’apparence ou le sexe, voire la religion. Certains prennent refuge dans une église, une secte, une communauté, un groupe politique qui les accepte et dirige leur vie, pense à leur place et leur fournit les repères dont ils manquent. D’aucuns recherchent la sécurité d’un emploi, la sécurité financière, la sécurité amoureuse, tentent d’assumer cette dernière par les liens du mariage. Mais sécurité rime rarement avec liberté, encore moins avec intimité. On privilégie les habitudes sur l’aventure. On s’accroche à ses convictions. La tendance est au conformisme quand ce n’est pas l’extrémisme et ses certitudes absolues. On cherche de la sécurité alors que ce qui nous a manqué est l’intimité. Dramatique quête, jamais comblée, puisque nous nous trompons d’objectif. La confiance de base ne se trouve pas dans le chocolat, pas plus que dans le sexe ou l’argent, bien que nous tentions parfois de l’y chercher. Elle se restaure dans le lien à autrui.

Maintenant que vous en savez plus sur la sécurité ontologique, je vous suggère de positionner votre niveau de confiance de base sur une échelle de 0 à 10 (10 étant le niveau de confiance maximum).

Comme le disait Sénèque, « ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile. »

Le développement de la confiance de base se fait principalement par l’expérimentation. Néanmoins, voici quelques exemples de mots à vous dire pour restaurer votre confiance de base : « J’ai le droit d’être moi », « Je suis à ma place », « Je m’aime ».

Savez-vous affirmer votre personne ? Dire vos envies et vos besoins ?

Il s’agit d’être en capacité de dire sa vérité (ses opinions, ses émotions et ressentis, ses envies et ses besoins) dans le respect de son interlocuteur en pratiquant la Communication Non Violente.

Maintenant que vous en savez plus sur l’affirmation de soi, je vous suggère de positionner votre niveau d’affirmation de vos envies et besoins sur une échelle de 0 à 10 (10 étant le niveau d’affirmation maximum).

Le développement de l’affirmation de soi se fait principalement par l’expérimentation. Néanmoins, voici quelques exemples de mots à vous dire pour restaurer votre affirmation de vous : « J’ai le droit d’être différent(e) », « J’ai le droit d’avoir un gout personnel », « J’ai le droit d’être en colère », « J’ai le droit d’avoir des envies », « J’ai le droit d’avoir mes propres idées », « Je suis moi et les autres sont eux ».

Quel est votre niveau de confiance dans vos compétences ? Dans votre capacité à gérer les difficultés de la vie personnelle ou professionnelle ?

Cette confiance se fonde sur l’accumulation d’expériences. Quand on n’a pas encore d’expérience dans un domaine, on ne peut pas avoir confiance en soi. On ne se lance pas quand on est compétent dans un domaine. On se lance et on devient compétent jour après jour et après nombre d’échecs. La question à se poser n’est donc pas « Ai-je la compétence ? » mais « Puis-je développer telle ou telle compétence ? » Et surtout « Ai-je envie de la développer ? » Chaque nouveau travail, chaque nouvelle fonction, va mettre en jeu différentes compétences. Nous en maitrisons déjà certaines et nous allons en acquérir d’autres. Nous serons enfin compétents et on nous proposera de grimper un échelon supplémentaire et à nouveau de faire face à une certaine incompétence.

Maintenant que vous en savez plus sur la confiance dans vos compétences, je vous suggère de positionner votre niveau de confiance sur une échelle de 0 à 10 (10 étant le niveau de confiance maximum).

Le développement de sa confiance dans sa capacité se fait principalement par l’expérimentation. Néanmoins, voici quelques exemples de mots à vous dire pour restaurer votre confiance dans vos compétences : « Je suis capable », « J’ai les ressources pour le faire », « J’ai le droit de faire des erreurs », « J’ai le droit de ne pas être parfait(e) ».

Quel est votre niveau de confiance relationnelle ?

Toutes croyances qui mettent de la distance avec autrui sont profondément handicapantes dans les relations et provoquent un renforcement des croyances négatives sur soi.

Maintenant que vous en savez plus sur la confiance relationnelle, je vous suggère de positionner votre niveau de confiance sur une échelle de 0 à 10 (10 étant le niveau de confiance maximum).

Le développement de sa confiance relationnelle se fait principalement par l’expérimentation. Néanmoins, voici quelques exemples de mots à vous dire pour restaurer votre confiance relationnelle : « J’ai autant de valeur que les autres », « J’ai le droit de demander, de donner, de recevoir, de refuser », « Je suis utile par ma simple présence », « Je peux aller vers les autres en sécurité ».

Tremblez mais osez !

Ne dites plus « Je ne peux pas faire cela parce que je n’ai pas confiance en moi » car c’est en ne le faisant pas que vous maintenez votre défaut de confiance en vous. Plus vous prendrez de risques, plus vous augmenterez votre confiance en vous.

Il vous faudra abandonner la façon de penser « réussite OU échec » et adopter la façon de se comporter « essais ET ajustements ».

Le mot de la fin à René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »