De belles armures brillantes. Pas encore rouillées …

J’ai entendu dire que nous pouvons apprivoiser notre ego, alors je continue à propager cette idée via cet article.

J’ai longtemps eu envie de comprendre et de définir ce qu’est l’ego une bonne fois pour toute. Bim !

Je me suis longtemps interrogé sur ma relation à mon ego. Ami, ennemi ? Les deux à la fois ? Serviteur, imposteur ? Les deux à la fois ?

Ces dernières années, j’ai eu sur l’ego des conversations passionnées et passionnantes avec des clients (en coaching et en thérapie), avec des pairs (confrères et consœurs) et avec des amis en quête de sagesse.

Cela faisait plusieurs mois que j’avais envie de compiler ces réflexions sur les jeux de l’ego issues de ces conversations, de mes lectures et de conférences auxquelles j’ai assisté. A l’occasion de cette période de confinement, j’ai enfin pris le temps de passer à l’action. Banzaaaaaaaiiii !!!

Mon épouse vous le confirmera, je suis peu friand de romans alors que je suis gourmand de livres dit de « développement personnel et professionnel ». Ces dernières années, j’ai pourtant eu un véritable coup de cœur pour trois romans : « Le jour où je me suis aimé pour de vrai » de Serge Marquis (éditions de La Martinière), « Et tu trouveras le trésor qui dort en toi » de Laurent Gounelle (éditions Kero) et « Kilomètre zéro » de Maud Ankaoua (éditions Eyrolles). Au-delà de l’originalité des scénarios et de la psychologie des personnages, j’ai été particulièrement touché par leurs cheminements respectifs dans la voie de la présence aimante à eux-mêmes, aux autres et à toutes leurs relations. Les propos tenus sur notre ego et notre nature véritable ont tout particulièrement résonné en moi. Et vous ? Comment ces propos résonnent en vous ? Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout ?

Comment définir ce qu’est l’ego ? Sujet pensant, moi, petit moi… Il n’existe pas une seule bonne définition de ce qu’est l’ego. Substantif tiré du pronom personnel latin et grec « ego » signifiant « moi » ou « je », l’ego désigne la représentation et la conscience que nous avons de nous-même.

En psychologie, l’ego est considéré comme le fondement de la personnalité.

Pour un certain nombre de courants spirituels, l’ego est la représentation fausse que nous nous faisons de nous-mêmes. L’ego est moins ce que nous sommes que ce que nous croyons être. L’ego est plutôt considéré comme une entrave à notre développement personnel à notre épanouissement, à la réalisation de qui nous sommes véritablement.

Selon les courants de pensée et les traditions spirituelles, l’ego est qualifié différemment. Alors plutôt que de chercher à mettre des mots sur ce qu’est l’ego, il est parfois plus aisé d’en décrire les maux.

Comment considérer notre ego ? Ami, ennemi ? Serviteur, imposteur ?

J’ai fait le choix de structurer cette réflexion en sept étapes :

1 – Ego kesako ? Qu’en dit la psychologie ?

2 – Ego kesako ? Qu’en disent les spiritualités orientales ?

3 – Notre ego, cet imposteur qui nous coupe de notre nature véritable ?

4 – Notre ego, cet imposteur qui nous illusionne sur ce qui fait notre véritable identité ?

5 – Notre ego grand illusionniste, maitre de nos constructions mentales et de nos croyances ?

6 – Notre ego, un ami qui cherche à nous révéler nos zones d’ombres ?

7 – Comment pouvons-nous cultiver le non-attachement à notre ego ?

Chapitre 1

1 – Ego kesako ? Qu’en dit la psychologie ?

> Ego et estime de soi.

« L’ego ne fait pas partie du vocabulaire courant de la psychologie. On parle plutôt d’estime de soi, qui définit l’ensemble des façons de se regarder, de se juger, de se considérer, de se traiter. Pour ma part, je décrirais volontiers l’ego comme l’ensemble des attachements à soi, à sa propre image. Il existe deux grandes pathologies de l’estime de soi, qui provoquent l’une et l’autre de grandes souffrances.

D’abord l’excès d’attachement à soi, que l’on voit chez la personne narcissique, avec une conséquence immédiate et consubstantielle : plus on est attaché à soi, plus on a envie d’être admiré, plus on se pense supérieur aux autres et autorisé à se donner des droits supérieurs. D’où ce comportement caractéristique des personnes narcissiques, qui s’autorisent à conduire plus vite que les autres parce qu’elles pensent conduire mieux, à dépasser tout le monde dans une file d’attente parce que leur temps est plus précieux, à s’occuper de leurs intérêts plutôt que de ceux des autres, etc.

Mais il y a aussi une autre forme d’obsession de soi, d’attachement excessif à soi qui touche les personnes qui manquent d’estime de soi : il s’agit cette fois d’un attachement négatif. Au fond, ces personnes ont la même obsession du regard et du jugement d’autrui que les personnes narcissiques, mais au lieu d’être en quête d’admiration et de soumission de la part des autres, elles guettent le jugement et la critique de la part des autres parce qu’elles ont peur d’être rejetées, peur qu’on ne les aime pas assez.

Les sujets narcissiques qui ont ces obsessions de dominance, de reconnaissance, de soumission de la part d’autrui sont des gens extrêmement insécurisés, avec des niveaux élevés de stress, d’anxiété, de tension, de crispation. Idem, dans l’autre sens, pour les sujets qui ont des déficits d’estime de soi.

L’idéal du travail sur l’estime de soi est l’oubli de soi. Les Américains parlent de « quiet ego », un ego tranquille, débarrassé de l’obsession du « Qu’est-ce qu’on va penser de moi ? » ou du « Est-ce que je suis à la hauteur ? »

On en revient à cette différence capitale entre détachement et non-attachement : l’idée n’est pas de se détacher de l’ego de façon obsessionnelle, mais nos efforts doivent nous porter vers le non-attachement à l’ego. »

Christophe André – Psychiatre (Trois amis en quête de sagesse)

L’arrogance et la dévalorisation sont les deux faces d’une même pièce. Celui qui jouit d’une réelle estime de soi n’éprouve pas le besoin d’affirmer sa valeur aux autres.

Qui ne se plante pas ne pousse jamais. Le manque d’estime de soi limite l’accès à nos ressources (talents et compétences notamment). La connaissance de nos ressources permet de développer notre estime de nous. C’est un cercle vertueux. Un secret : faire comme si nous en avions les capacités. Faisons une sorte de rêve éveillé, imaginons que nous savons faire et visualisons-nous en train de le faire. Nous serons surpris de ce qui arrive.

Quand l’opinion que nous avons de nous-mêmes est fondée sur l’amour d’un tiers, sur notre emploi, sur notre salaire ou sur notre « réussite », nous sommes dans une situation à haut risque car nous nous exposons à de cuisants échecs.

Si nous éprouvons de l’estime pour nous-mêmes à condition d’être aimés, de bénéficier d’une bonne situation, que va-t-il nous arriver si ces circonstances changent, si notre couple se défait ou si nous nous retrouvons au chômage ?

L’estime de soi n’est pas un but, c’est un processus. Si nous ne nous croyons pas nous-mêmes, comment pourrions-nous croire les autres quand ils nous disent ce que nous avons envie d’entendre ?

L’estime de soi, cela s’apprend. Au cours de notre enfance, adolescence et vie d’adulte, nous avons généralement reçus de la part de personnes faisant autorité pour nous de nombreux messages (verbaux et non verbaux, conscients et inconscients) que nous avons reçus comme des injonctions à ne pas nous aimer pour ne pas risquer d’être rejetés par le groupe. Nous devons à présent réapprendre à nous aimer.

Il est fondamental que nous nous mettions à fréquenter des personnes qui nous acceptent tels que nous sommes dans le présent et qui nous encouragent à avoir une bonne opinion de nous-mêmes. Les bons modèles à suivre ne sont pas des personnes co-dépendantes. C’est une façon d’être au monde qui nous permettra de nous connaître et de bien nous occuper de nous-mêmes.

Lorsque nous nous dépouillerons de notre honte, que nous ôterons nos vêtements et que nous les piétinerons, alors nous aurons beaucoup moins peur. En nous libérant de tous ces artifices, nous nous libérons progressivement de la peur. Peut-être parce que nous réalisons alors la valeur de notre être nous-même, la valeur infinie de notre être, sans rien avoir à faire ou montrer. Être sans paraître. Juste être.

> Ego et masque social.

Le mot personnalité provient du mot latin « persona » qui signifie « masque » comme celui que portaient les acteurs de théâtre de l’Antiquité. Pour Carl Gustav Jung qui a repris cette terminologie, cette persona nous est indispensable. Il la considère comme une structure d’adaptation de l’individu aux normes sociales, comme une sorte d’interface nécessaire entre lui-même et la société.

Nous portons tous un masque mais nous n’en sommes pas conscients. Nous nous sommes tellement attachés à cette personnalité qui nous aide à nous insérer dans le monde que nous nous sommes identifiés à elle. Au risque de nous limiter ainsi à une version figée de nous-mêmes, nous nous employons à maintenir farouchement cette représentation de nous-mêmes, à nous y conformer par souci de notre image, par fidélité à qui nous croyons être ou par peur de perdre celles et ceux qui nous aiment tel que nous sommes. Nous essayons de maintenir ces traits de caractère que notre entourage nous reconnaît, même si nous pressentons, au fond de notre être, que certains de ces traits ne sont pas vraiment nous et que d’autres au contraire, à l’image d’un talent caché ou d’un rêve d’enfant inaccompli, demandent à éclore. Ce qui était soutenant pour une première phase de notre vie devient donc limitant sur le plan de notre plein épanouissement. En avançant en âge, ce costume de la personnalité-ego (notre « petit moi ») devient trop étroit. Notre véritable Soi (notre moi authentique) pousse de l’intérieur et se rappelle à nous.

« Nous passons la moitié de notre vie à escalader une échelle et l’autre à réaliser que nous l’avions adossée au mauvais mur. »

Carl Gustav Jung

Pour Carl Gustav Jung, la construction de la persona est capitale dans les premiers temps de notre vie mais elle ne saurait représenter la finalité de la vie psychique qui est d’aller « à la découverte de son âme. » À bien des égards, notre ego représente aujourd’hui notre « petit moi ». Nous confondre avec lui revient à nous limiter à une sorte de version étriquée de nous-mêmes. L’ego fait écran à notre Soi véritable, voir le remplace complètement quand la spiritualité a déserté notre vie. Il empêche notre épanouissement et l’accès à notre plein potentiel d’être humain.

Accusé, levez-vous ! Et la présomption d’innocence ? Au lieu de refouler nos blessures par méconnaissance, nous libérer de l’ego implique le mouvement inverse : les reconnaître et les accueillir pour, progressivement, nous mettre en paix avec elle. Nos blessures font partie de nous-mêmes, de notre histoire et elles influenceront nos actes et nos paroles tant que nous n’aurons pas mis de la conscience sur leur importance dans notre vie. Elles produisent des besoins (de reconnaissance, d’appartenance, de lien, de réussite, de confiance, de sécurité, de justice …) auxquels il nous faut être attentifs, mais qui ne doivent pas guider dans l’ombre nos comportements et nos décisions en tant que leader de notre vie. En les apprivoisant, nous pourrons développer un espace de recul et de lucidité pour trouver la réponse juste et proportionnée lorsqu’elles sont stimulées et réactivées.

Chapitre 2

2 – Ego kesako ? Qu’en disent les spiritualités orientales ?

> Chacune à leur façon, la plupart des grandes traditions spirituelles orientales parlent du processus d’involution (la chute de la conscience – l’oubli de la conscience pure).

Au début, il y a la Conscience Primordiale, la Source Absolue, l’Océan de la Conscience.

La première vague c’est la Conscience Pure : « Je Suis ». La Conscience Pure est consciente d’elle-même, elle est Conscience d’Unité. C’est le Moi qui regarde sans rien d’autre à contempler que lui-même. Lorsque la première vague regarde à l’intérieur, la conscience consciente d’elle même revient se dissoudre dans la Conscience Pure, à la façon d’une vague qui se résorbe dans l’océan. La première vague est un peu comme la première chute de la Conscience Primordiale.

La deuxième vague, c’est le mental : « Je Suis ce Je Suis ». Lorsque la première vague « Je Suis » tourne son regard vers l’extérieur et voit « Je Suis ce Je Suis », elle interagit avec elle-même et crée la deuxième vague, le mental. Le mental divise le Tout et fait naitre la dualité soi / autrui, observateur / observé, sujet / objet, générant ainsi l’espace-temps et la multiplicité des formes. Le mental a oublié qu’il est Conscience Pure.

La troisième vague, c’est l’ego : « Je – Moi – Ego ». Le mental qui pense se replie sur lui-même et oublie qu’il est conscience, se comportant comme s’il était indépendant de la conscience et forme la troisième vague « Je – Moi – Ego ». Le mental s’identifie à l’ego qui lui-même a désespérément besoin de s’identifier. Ce sentiment d’être séparé de la conscience est source de peurs et de souffrances. Le processus d’oubli de la Conscience Pure est semblable à la lune qui oublierait qu’elle reflète la lumière du soleil et se croirait elle-même être la source de la lumière.

A l’inverse du processus d’involution, il y a le processus d’évolution qui consiste à se fondre dans la conscience universelle et à retrouver notre véritable identité. Lorsque le « Je Suis » (première vague) regarde à l’intérieur, la Conscience d’Unité se dissout dans la Conscience Pure comme une vague dans l’océan.

> L’excès d’ego nuit gravement à notre véritable essence.

Les spiritualités orientales comme le taoïsme, le bouddhisme ou l’hindouisme invitent à se libérer de l’emprise du mental afin de ressentir les choses comme elles sont, dans l’instant présent, alors que le mental ne connaît que le passé et le futur.

Dans la bouche de Lao Tseu, l’esprit désignait le mental. Le taoïsme rejoint sur ce point l’hindouisme et le bouddhisme en appelant à se libérer du mental. Le mental, c’est cette cogitation incessante de la pensée qui prend l’ascendant sur le cœur et le corps, au détriment de l’intuition, de l’instinct, de la conscience d’être. Quand nous sommes dans le mental, c’est un peu comme si nous n’habitions plus notre corps, n’écoutions plus notre cœur, ne ressentions plus notre existence. Nous interprétons la réalité le plus souvent en la déformant. Nous prêtons aux autres des intentions qui ne sont pas les leurs, nous projetons nos peurs, nos problèmes, nos doutes, nos attentes. Nous réfléchissons les événements au lieu de les vivre.

« Trouvez ce dont une personne a le plus peur et vous saurez de quoi sera faite sa prochaine étape de croissance. »

Carl Gustav Jung

L’ego est fondamentalement le fruit de la peur. Peur de ne pas être assez, de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir de valeur, de ne pas exister suffisamment dans le regard des autres… Or ces peurs « immatérielles » sont typiquement le produit d’un processus mental. Et ce sont aussi nos pensées qui nous amènent à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Le mental pousse l’ego à endosser des rôles. Le mental cultive l’ego. Nous gagnons à nous libérer des attachements de l’ego. Notre ego s’attache à tout ce qui nous valorise mais qui n’est pas véritablement nous. Les rôles que nous jouons, les belles choses que nous possédons, nos attributs les plus sages les plus flatteurs, etc.

Dans les spiritualités orientales, le désir renvoie à l’ego. C’est l’ego qui désire un objet, une promotion, plus d’argent… Avec l’objet du désir, l’ego ambitionne toujours de se renforcer, de se valoriser. À travers ce que nous désirons, nous cherchons inconsciemment à accroître notre identité ou plutôt notre sentiment d’identité. Nous désirons des choses pour tenter d’exister un peu plus grâce à elles. Quand nous désirons un vêtement, une voiture ou n’importe quoi d’autre, nous croyons inconsciemment que ce vêtement, cette voiture va ajouter quelque chose à qui nous sommes, va nous rendre spécial, intéressant, va nous apporter de la valeur. C’est une illusion. Les spiritualités orientales nous invitent à nous libérer des désirs parce qu’ils sont basés sur une illusion et sont l’objet d’une quête sans fin. Nous désirons sans cesse de nouvelles choses qui ne nous apportent jamais ce que nous recherchons.

Les Vedas sont un ensemble de textes sacrés indiens d’où découle l’hindouisme ancien. Dans la pensée védique, c’est à partir de la mort que la vie s’envisage. L’éveil n’est pas juste une évolution, un progrès, c’est une véritable bascule, comme un changement de nature en nous. Nous sommes là, dans cette vie terre à terre, esclave de nos désirs, avec notre ego et tous les problèmes qu’il engendre. Nous parvenons à basculer dans cette autre réalité de la vie, libres d’ego, libres de désir, dans une plénitude de l’être. C’est comme si nous mourions un certain niveau pour revivre un autre niveau. Selon les spiritualités orientales, il y aurait une unité fondamentale. Cette unité se manifesterait à nous sous des formes apparentes variées. Pour réaliser notre vraie nature, il nous appartiendrait de percevoir, de sentir cette unité cachée et de comprendre que l’homme ne fait qu’un avec le Tout. Pour les spiritualités non dualistes, l’homme qui renonce à son identité réalise qu’il est Dieu (ou comme il voudra le nommer). La non-dualité orientale, c’est l’unité de l’homme et de Dieu. Par un travail d’éveil, l’homme devient pleinement Dieu. Le chrétien croit que la dévotion le libérera après la mort. Le bouddhiste, l’hindou ou le taoïste croient que la Connaissance peut le libérer maintenant, de son vivant. Les hindous considèrent que tout est en nous, le paradis, l’enfer, Dieu.

Notre état de conscience ordinaire ne nous permet pas de réaliser notre nature divine. Nous ressentons un certain flou sur qui nous sommes et c’est angoissant. Nous avons peur de ne pas exister assez, de ne pas avoir de valeur. C’est là que nous créons une fausse identité rassurante, notre ego. Plus nous développons cette fausse identité, plus nous nous éloignons de notre vraie nature, de notre nature divine. Vivre dans l’ego, c’est vivre l’enfer.

Et si l’excès d’ego et le manque d’estime de soi étaient les deux faces d’une même pièce ? Finalement, peut-être que les personnes fortement identifiées à leur ego, imbues d’elles-mêmes, très arrogantes, sont en fait celles qui ont souffert de blessures à leur amour-propre ?

Développer notre confiance en nous et dans la vie, nous rassurer sur notre valeur véritable nous aiderait à moins réagir aux attaques, à moins manifester nos propres egos. Et si l’arrogance des autres avait pour cause des souffrances cachées, alors la compassion envers eux serait peut-être plus appropriée que la réaction.

Nous souffrons tous de l’ego, du notre et de ceux des autres. Non seulement rien ne nous invite à nous en libérer, mais au contraire, la société tout entière pousse à l’inflation de l’ego. Parce que c’est l’intérêt du modèle économique sur lequel est basée notre société de consommation et de paraître.

L’état de confiance permet d’accéder à nos ressources, lesquelles sont nécessaires pour trouver des solutions aux difficultés. Le découragement est mortifère. Lorsque nous agissons en confiance et que nos actes sont posés comme tel, sans répondre à une motivation égotique ni servir un intérêt personnel, ils peuvent alors revêtir une puissance incroyable, presque surnaturelle. C’est comme si nous étions dotés d’un pouvoir dont nous n’avons pas le contrôle, un pouvoir dont nous ne serions que le vecteur. Un peu comme la vague porte en elle la force de l’océan.

Chapitre 3

3 – Notre ego, cet imposteur qui nous coupe de notre nature véritable ?

> Au commencement …

Tout est parti du vide. Un vide extrêmement petit et dense, rempli d’énergie, dans lequel il y a eu une gigantesque explosion, à l’origine de l’univers. C’était il y a environ 14 milliards d’années. L’énergie libérée a été telle que l’univers s’est étendu dans toutes les directions. Depuis il ne cesse de s’étendre, si bien que les galaxies s’éloignent de plus en plus les unes des autres. Du chaos du big-bang sont nées quantités de particules qui se sont agrégées pour former des systèmes complexes. Les seuls éléments chimiques que le big-bang a donné, l’hélium et l’hydrogène, sont des éléments très simples qui se sont ensuite associés en molécules. La matière s’est concentrée et fragmentée. Soumis à une compression extrême, le gaz surchauffé s’est embrasé. Avec le feu de la fusion thermonucléaire, les premières étoiles sont nées. La vie au sens biologique du terme est apparue bien plus tard. Il y a d’abord eu la formation du soleil. Une étoile entourée de huit planètes parmi lesquelles la Terre il y a 4,5 milliards d’années. La vie y est apparue il y a 3,8 milliards d’années et l’homme il y a seulement quelques millions d’années. La fusion thermonucléaire au cœur des premières étoiles a synthétisé des éléments chimiques lourds. Comme ces étoiles ont explosé, elles ont ensemencé l’espace de ces éléments chimiques, fruits de leurs entrailles. Sur la planète Terre, ces fragments d’étoiles se sont assemblés pour donner la vie. « Le moindre atome de notre corps n’est rien d’autre qu’une poussière d’étoile » pour reprendre la formule chère à Hubert Reeves.

Pour réaliser notre vraie nature, il nous appartient de sentir cette unité cachée et de comprendre que l’homme ne fait qu’un avec le Tout. Il nous appartient de comprendre qui nous sommes véritablement et comment nous fonctionnons.

Qui sommes-nous véritablement ?

> Nous sommes composés majoritairement de vide.

Notre corps est constitué de dix mille milliards de cellules qui se différencient et se regroupent pour former nos tissus et nos organes. Une cellule est un ensemble de molécules, qui sont elles-mêmes un ensemble d’atomes reliés dans un ordre précis. Les atomes sont formés d’un noyau chargé positivement, autour duquel tournent des électrons chargées négativement. Le noyau est cent mille fois plus petit que l’atome entier. L’atome est donc de l’énergie microscopique constituée de vide à 99,99 %. La distance qui sépare deux atomes est immense, proportionnellement plus grande que celle qui éloigne la terre du soleil. A l’échelle de notre vue, la matière paraît solide, mais à l’échelle microscopique, ce n’est qu’une concentration d’énergie constituée de vide.

> Nous sommes une masse vibratoire.

Nous sommes connectés les uns aux autres. La matière est en quelque sorte des fragments concentrés d’informations. Albert Einstein a mis en évidence que la lumière transporte de l’énergie en perpétuelle vibration. La physique moderne a confirmé cette démonstration. Notre corps, comme nos pensées et nos émotions, ne sont que des oscillations. L’énergie ne disparaît pas, elle est en constante transformation.

« Selon la théorie des cordes, ce que nous appelons particules de matière seraient en réalité des bruns d’énergie vibrants, appelés cordes. Comme celles d’un instrument de musique donnant des notes différentes selon leurs vibrations, la diversité de la matière connue serait ainsi la musique jouée par ces cordes d’énergie. Étant moi-même constitué de matière, je peux donc affirmer que « je suis la symphonie jouée par l’Univers ». De même que des instruments de musique aux formes différentes (un saxophone, une trompette, une flûte…) possèdent des timbres différents qui permettent de les distinguer, les cordes d’énergie vibrent à l’intérieur de petits espaces aux formes variées, qui possèdent 9 voire 11 dimensions. La matière que nous connaissons est le résultat des différentes vibrations de ces cordes dans ces minuscules instruments de musique invisibles. Ainsi, le visible se trouve au cœur de l’invisible et n’en est qu’une infime partie en réalité. »

Frédéric Amauger

Comment fonctionnons-nous ?

> Nous sommes majoritairement inconscients.

Notre masse cérébrale traite 400 milliards de bits d’informations par seconde, mais nous ne sommes conscients que de 2000 bits. Ces informations nous renseignent sur notre environnement, notre corps et la temporalité. Nous ne voyons qu’une très faible partie du monde qui nous entoure. Un objet devient réel à partir du moment où nous y mettons de la conscience. Nous voyons une chose, puis son reflet dans le miroir de la mémoire. Lorsque nous regardons une table par exemple, l’image arrive à notre pupille puis à notre cerveau. Nous ajoutons le savoir nécessaire pour considérer que c’est une table. Il s’est donc passé un moment entre la vision du meuble et la compréhension que nous en avons. Nous ne sommes jamais en perception directe, mais en interprétation. Autrement dit, nous fabriquons notre réalité à partir de notre connaissance et de nos expériences.

> Notre réalité est conditionnée par nos émotions et nos pensées.

“J’ai survécu à pas mal de colères. Je les ai remplacées par de l’amour. La vie n’est qu’une longue guérison.”

Sean Penn

Notre cerveau est composé de cellules nerveuses, les neurones, qui possèdent des ramifications pour se connecter les uns aux autres et constituer le réseau neuronal, de plus en plus sophistiqué, au fur et à mesure que nous entrons des informations et que nous l’alimentons. Au point de contact des neurones se forme une pensée ou un souvenir. L’hypothalamus, une toute petite zone du cerveau, fabrique des substances chimiques, appelées peptides, qui se rassemblent pour créer des hormones neuronales correspondant à chaque sentiment vécu.

« La véritable liberté exige de s’affranchir de la dictature de l’ego et de son cortège d’émotions. »

Matthieu Ricard

Dès que nous éprouvons une émotion, les peptides constitués sont déversés dans le sang pour s’acheminer auprès des cellules visées. Chaque cellule est dotée de milliers de récepteurs ouverts au monde extérieur. La substance diffusée dans le corps envoie un signal au récepteur qui capte de l’information et déclenche une série de réactions biochimiques pouvant modifier la cellule. Nos cellules sont vivantes, elles ont une conscience. Leurs récepteurs les font évoluer et les réinventent selon les sentiments les plus courants de notre vie. Nos pensées et nos ressentis sont interconnectés à ce réseau neuronal.

Notre cerveau est en constante construction : il change à chaque seconde en fonction des renseignements qui lui parviennent. C’est ainsi que nous créons nos modèles de vision du monde extérieur qui nous entoure. Chacun de nous crée sa propre carte mentale de la réalité. Mais comme le disait Alfred Korzybski « La carte n’est pas le territoire. »

Puisque nous sommes constitués de vide comme tout ce qui nous entoure, comment nous définir ? Nous pourrions nous définir comme de l’énergie vibrante et intelligente car riche d’informations.

> Nous sommes tous reliés : connectés et en interdépendance.

Le chemin est parfois long pour accepter de lâcher la croyance de la séparation, de la dualité. Nous ne formons qu’une seule et même entité avec tout ce qui nous entoure.

En quelque sorte l’ego est facile à repérer, il nous donne toujours raison. Il juge et condamne. Nous avons tous la même dynamique. Lorsque nous agressons quelqu’un, nous souffrons de notre attaque sur nous-mêmes. Ce que nous faisons subir à autrui, nous nous le faisons subir. Nous sommes une seule et même entité. L’ego ne survit par définition que si il est séparé du reste. Il cherche par tous les moyens à nous maintenir dans l’illusion de la dualité alors que nous n’avons jamais quitté l’unité. La physique quantique aujourd’hui nous le démontre. Nous sommes énergie et en interdépendance. Alors toute action de notre part à une conséquence sur ce qui nous entoure et donc sur nous-mêmes.

Nous avons tous en nous un endroit où le savoir est illimité, une partie de nous qui nous rappelle que nous sommes au-delà de nos apparences, connectés à quelque chose de plus grand que nous, à quelque chose qui nous dépasse.

Chapitre 4

4 – Notre ego, cet imposteur qui nous illusionne sur ce qui fait notre véritable identité ?

> L’ego est un Je de construction.

Notre ego nous sépare de notre véritable nature à cause de son besoin d’identification. C’est à la fois la personne que nous pensons être et celle que nous voulons montrer aux autres.

Notre ego est un peu comme un oignon formé d’innombrables pelures identitaires. Chaque pelure est ajoutée aux précédentes en fonction du caractère unique qu’elle confère à une personne. Ces pelures sont fabriquées par un processus neurologique, une sorte d’usine biologique, appelé « processus d’identification ».

Le défi d’une vie d’homme consiste à découvrir la différence entre l’activité de l’ego et celle de la présence. Cela signifie apprendre à distinguer les moments où notre tension est accaparée par le moi (et par sa peur de ne pas exister), de ceux où notre attention est totalement connectée à ce que perçoivent nos sens (que ce soit la douceur d’une main aimante ou la contraction d’un estomac noué par la tristesse).

Lorsque j’ai éliminé tous les rôles que je ne suis pas … qui suis-je ?

L’identification à un rôle (« je suis Directeur Financier », « je suis le mari de » …) contribue à la souffrance. Apprendre à se désidentifier permet de s’éveiller à la conscience. Je dis bien s’éveiller à notre conscience parce que notre conscience n’a pas besoin d’être éveillée. Elle l’est déjà. Notre job est de nous éveiller à notre moi supérieur, à cette divine partie de nous omnisciente, omnipotente et omniprésente. Le chemin de la désidentification est long et difficile. C’est le chemin le moins fréquenté et en même temps, c’est le plus gratifiant parce qu’il nous reconnecte progressivement à notre véritable identité, à notre « je suis ».

> L’ego est la personne que nous voulons montrer aux autres.

Tout comme les enfants, les bébés animaux ont besoin d’attention. Mais contrairement aux enfants, ils n’ont pas à se transformer en héros ou en personnages modèles pour en obtenir. L’ego est comme un personnage de bande dessinée, à l’image de tous ces héros qui défilent et peuplent notre tête pendant notre vie. Les personnages que nous nous imaginons devoir jouer : le fils idéal, l’amoureuse de rêve, l’institutrice géniale, le médecin magicien, la meilleure amie irremplaçable… L’ego est à lui seul une collection de milliers de héros. Et notre mémoire est le placard où sont entassés tous ces costumes.

Dès la naissance, notre cerveau se trompe. Il interprète maladroitement des signaux envoyés par nos parents. Il se met par exemple à croire que pour survivre, il nous faut être intéressant et il imprime cette croyance sur son disque dur. Elle conditionne par la suite nos peurs et nos comportements. Le cerveau choisira toute sa vie ce qui peut lui apporter un caractère unique : une chaussure de sport colorée marquée d’un logo mondialement connu, une maison avec un garage double et un toit rétractable, un oiseau exotique comme animal de compagnie… Il sera à l’affût de la moindre critique à l’encontre de ce qu’il a choisi. Ainsi, s’il entend une opinion qu’il juge négative, il sortira l’artillerie lourde et la dirigera vers la personne jugée désobligeante.

> L’ego est la personne que nous pensons être.

Notre ego grossit au fur et à mesure que celui ou celle que nous pensons être croit avoir toujours raison et s’imagine supérieur(e) aux autres. Dans les faits, celui ou celle que nous pensons être n’a jamais rien à voir avec qui nous sommes en réalité.

La plus grande méprise de l’histoire est de croire dans la solidité et la permanence des innombrables fausses identités avec lesquelles le cerveau structure le moi. Croire que « je » est profession par exemple, ou que « je » est la couleur de notre peau ou notre religion. Croire que ces (fausses) identités ont une existence réelle, la seule valable, ou qu’elles sont supérieures à toutes les autres. Et cela justifie de faire disparaître toutes celles qui pourraient menacer leur existence, c’est-à-dire toutes celles qui ne leur ressemblent pas.

Le « je » est arrivé bien après l’apparition de la vie. Et aujourd’hui il la détruit afin de préserver les pelures identitaires auquel il s’identifie. Le « je » n’est pas indispensable à l’être. C’est la prise de conscience que nous sommes appelés à faire et à refaire tout au long de notre existence.

À notre époque le cerveau ne fait plus la différence entre la perception de ce qui menace la survie et la perception de ce qui menace l’ego. Il déclenche la même réaction : lutte, fuite ou sidération.

Les parents envoient à leurs enfants des signaux positifs lorsqu’ils font des choses spéciales à leurs yeux. Et l’enfant décode, à travers ce qu’il fait, ce qui le rend aimable, digne d’attention pour ses parents. Par ricochet, les parents se sentent valorisés par un tel enfant. Il n’existe déjà plus uniquement pour ce qu’il est, mais en tant que représentation identitaire de ses géniteurs.

Les enfants qui sont méprisés à cause de leurs différences peuvent attaquer ceux qui ne croient pas la même chose qu’eux. Simplement parce qu’une croyance différente peut remettre en question celle à laquelle ils se sentent identifiés. L’illusion est « si ma croyance disparaît, je disparais ».

Il faut faire attention quand quelqu’un nous dit j’ai besoin de toi. Surtout si personne ne nous l’a jamais dit avant. Tout à coup, nous sommes contents. Nous avons fini de nous sentir « rien », pas important, insignifiant. En ce sens grandis, nous nous sentons exister. Nous pouvons faire n’importe quoi pour la personne qui nous le dit. Et pour qu’elle nous le redise. Même se faire exploser.

Nous entretenons l’illusion d’être quelqu’un à travers la maison que nous habitons, la voiture que nous conduisons, les vêtements que nous portons, le métier que nous exerçons, le nombre de zéro de notre salaire annuel … Aucune de ces identités ne concerne la présence, la capacité d’être là.

Il est salutaire de sortir de la plus grande des dépendances, celle dont proviennent toutes les autres : la tentation permanente de vouloir être quelqu’un. Le moyen de s’en libérer ? Il ne faut pas avoir constamment envie d’être aimé et se rappeler que nous sommes tout le temps capable d’aimer. L’ego n’a pas à mourir et nous n’avons pas à nous battre contre lui. Il suffit de l’éclairer de l’intérieur pour qu’il s’efface. De l’éclairer depuis la lumière de notre cœur.

« Longtemps j’ai vécu la vie que je pensais devoir vivre, jusqu’à ce que je comprenne qu’il suffit d’écouter la vie qui veut s’exprimer à travers moi. »

Parker Palmer « Let your life speak »

Finalement, c’est en étant que nous devenons.

Chapitre 5

5 – Notre ego grand illusionniste, maitre de nos constructions mentales et de nos croyances ?

« La carte n’est pas le territoire. »

Alfred Korzybski

Chaque individu se construit sa propre vision du monde et élabore par conséquent sa propre représentation du monde. Il n’existe pas de carte unique du monde. « La carte n’est pas le territoire » est un des présupposés de la Programmation Neurolinguistique (PNL) et une expression empruntée au fondateur de la « sémantique générale » Alfred Korzybski. Chaque être humain expérimente l’existence à travers une cosmologie qui lui est transmise par sa famille, son milieu culturel, la religion dans laquelle il a été éduqué, ses lectures, ses propres expériences … Tous ces éléments contribuent petit à petit à former une carte de la réalité qui incorpore une échelle de valeurs et des croyances qui, en retour, influencent sa manière de percevoir le monde, de le comprendre et de se comporter.

C’est le vide et non pas la matière qui contient l’information de notre nature véritable. Rappelons-nous que les atomes sont constitués à 99,99 % de vide. Alors laissons nos corps ressentir l’information sans mettre en doute nos perceptions. L’univers est vibration, fréquence. Chacun de nos mots est une clé vibratoire. Nous sommes une équation vibratoire. La matière est de l’énergie polarisée. Nous vivons dans la matière ce que nous dégageons à un niveau vibratoire. L’énergie prend une forme lorsque nous la regardons. Nous faisons l’expérience de nos croyances. Nous sommes le créateur de nos expériences. Nous aurons toujours la preuve de ce que nous croyons car nos pensées créent un champ électromagnétique qui attire à lui. Nos pensées sont comme des demandes à l’Univers.

Le pouvoir de l’acceptation, c’est nous aimer tels que nous sommes. C’est oser être qui nous sommes véritablement et faire ce que nous avons véritablement envie de faire sans rechercher ni attendre la validation des autres.

Nos angoisses viennent de notre volonté de contrôle que nous ne pouvons pas avoir sur la vie. Vivre est une aventure. Vivre est un jeu. Alors vivre notre vie, c’est la solution à la vie.

> La force de l’intention (en tant que concentration bienveillante) et de la pensée a une action d’harmonisation.

Nous attirons ce que nous sommes. Pour pouvoir évoluer dans un champ vibratoire plus haut, il nous faut élever nos convictions. Notre corps est un précieux indicateur de l’état dans lequel nous nous trouvons.

Notre corps est composé à plus des deux tiers d’eau, une molécule constituée d’oxygène et d’hydrogène, eux-mêmes des atomes, dont le vide représente 99,99 %. L’eau réagit sous l’influence des pensées. Les ondes vibratoires ont des conséquences sur chacune de nos molécules d’eau, c’est-à-dire sur notre corps tout entier. Les recherches du Docteur Masaru Emoto qui se basent sur l’observation de photographies de cristaux d’eau ont démontré l’influence positive ou négative qu’ont des pensées, des émotions ou des sons sur des molécules d’eau.

Notre ego nous soumet à une réalité tronquée. La matière est constituée d’espaces, puisqu’elle représente une concentration d’atomes, formant un champ énergétique. Il nous est possible de changer d’état vibratoire en transformant nos pensées.

Notre cerveau ne fait pas la différence entre ce qu’il voit et ce dont il se souvient. Nous activons les mêmes réseaux neuronaux. Alors comment savons-nous si nous sommes en train d’observer où d’imaginer ?

À chaque fois qu’une idée ne nous convient pas, ne la rejetons pas mais annulons-la par une idée, une image opposée, puis validons ce que nous souhaitons transformer par une affirmation positive à voix haute. Il s’agit de formuler ce que nous souhaitons en visualisant notre vie comme si cette chose était déjà une réalité. Par exemple en commençant nos phrases par « A partir de maintenant, je… » « À partir de maintenant, j’ai confiance en la vie, elle me présente les opportunités et je les saisis. » « À partir de maintenant, j’accepte de me tromper, l’erreur fait partie de mon chemin de transformation. »

Nous avons la possibilité de nous enfermer dans nos croyances négatives alimentées par nos expériences passées. La peur peut nous tétaniser et nous bloquer dans un cercle vicieux. Nous attirons alors ce qui nous fait peur. Notre pensée présente enclenche le processus constant de notre réalité. C’est ce qui est appelé la loi de l’attraction : nous attirons ce que nous sommes.

Accueillir ce qui est nous permet ce processus de changement, car il nous affranchit du poids du passé, de la peur, du jugement et de la crainte du futur. Notre volonté est de changer, de mieux nous connaître pour nous libérer de nos réactions automatiques. Soyons attentifs aux coïncidences de la vie et laissons faire l’univers qui agira selon les lois de l’attraction. Plus nous serons lucides en observant ce qui est, sans juger, moins nos perceptions interviendront et plus vite la magie opèrera.

Chapitre 6

6 – Notre ego, un ami qui cherche à nous révéler nos zones d’ombres ?

> Ce qui nous fait mal est une zone d’ombre non réglée.

Accueillons l’autre comme un cadeau car il nous ouvre les portes de la compréhension en étant notre miroir. L’autre n’est que le reflet de ce que nous n’avons pas réglé en nous.

Lorsque nous sommes sereins et heureux, le monde nous semble bienveillant, la chance est de notre côté et tout nous réussit. A l’inverse, quand nous sommes englués dans nos peurs, le monde nous paraît morose et les personnes agressives.

Si nous ne sortons pas du prisme de l’ego, il nous est impossible d’approcher la vérité car il nous maintient dans l’apparence de la séparation. Si nous changeons cette hypothèse en considérant que nous n’avons jamais quitté l’unité parfaite comme nous le démontre la physique quantique aujourd’hui, les autres deviennent des miroirs, des cadeaux pour nous mettre face à notre propre inconfort. Nous pouvons alors travailler sur nos peurs et nos blessures. Nous ne percevons que des apparences car le voile qui est devant nos yeux est fabriqué et entretenu par notre ego. Par peur de disparaître, notre ego nous empêche l’accès à ce que nous sommes véritablement. Il nous tient à l’écart de la réalité. Nous sommes l’unité éparpillée avec le même ADN.

Chacune de nos contrariétés est un enseignement sur ce que nous devons travailler. Notre ego rétorque en premier à tous les problèmes en rejetant la faute sur un coupable. C’est pourquoi la douleur persiste. Elle se manifeste chaque fois qu’un fait similaire se produit.

« Dans chaque épreuve, ne cherchez pas l’ennemi, cherchez l’enseignement. »

Mikao Usui – fondateur du Reiki

Accueillons l’autre comme le plus beau des cadeaux car il nous tend un miroir. Il est le révélateur de notre conscience. Ce que nous croyons être des différences avec l’autre ne sont que nos similitudes et nos zones d’ombre. Nos actions et nos pensées ont une résonance directe sur l’autre qui nous reflète. Nous pouvons alors nous voir tels que nous sommes sans jamais plus nous mentir.

« Tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous mener à conduire à mieux nous comprendre. Si vous ne faites pas face à votre ombre, elle vous viendra sous la forme de votre destin. »

Carl Gustav Jung

Nous confondons l’amour avec l’illusion de l’ego qui se sert de l’autre pour combler ses besoins. L’ego utilise les sentiments comme une récompense ou une punition. Il scanne ce qui lui manque et l’idéalise chez l’être aimé. Pour vivre l’amour, nous devons apprendre à être lucide de nos carences et bannir nos peurs.

Nous ne sommes jamais victimes du monde que nous voyons. En identifiant nos peurs nous nous rendons compte qu’elles tronquent la réalité de notre perception puisqu’elles ne sont qu’illusion. Nous sommes donc victimes de nos perceptions.

Cessons les suppositions face à une situation. En attendant d’avoir des explications tangibles, bannissons toute interprétation intermédiaire. Cessons de juger à chaque instant. En nous libérant de la critique et en acceptant l’autre dans son ensemble, la connexion entre les êtres devient indestructible.

Nous avons passé notre enfance, notre adolescence, notre vie de jeune adulte et enfin d’adulte à nous construire une image idéale en refoulant les côtés sombres de notre personnalité, ces parties de nous que nous n’aimons pas et que nous avons choisi de renier, de dénier, de cacher aux autres. Lorsque l’une de nos caractéristiques ne nous convient pas, nous la dissimulons. Notre profonde croyance que l’amour ne pourra nous être offert qu’en échange d’un comportement parfait nous pousse à bannir, à renier, à dénier, à cacher des parties de ce que nous sommes. Lorsque l’autre met en avant l’un de nos défauts, il nous est plus simple de l’accuser pour ne pas être démasqué. Nous attendons de notre interlocuteur la même chose : un comportement irréprochable. Si tel n’est pas le cas, nous nous appliquons à le lui faire remarquer par le jugement, la critique ou le rejet. Une grande partie de notre énergie est consacrée à masquer nos faiblesses. La pression que nous nous infligeons pour garantir la meilleure image de nous-mêmes nous prive de l’accès au bonheur. Nous sommes en quête permanente de la reconnaissance. Nous développons notre intolérance, notre sens critique et notre besoin d’être différent. Nous aiguisons notre susceptibilité et nous sentons offensés par les remarques ou l’absence de gratitude. Lorsque l’autre agit en résonance avec ce que nous tentons de refouler, il nous met dans une zone d’inconfort et nous préférons le voir comme un ennemi plutôt qu’une ressemblance avec ce que nous n’avons pas réglé.

Soyons attentifs à notre zone d’inconfort que l’autre nous renvoie et cherchons en nous ce que nous ne voulons pas voir jusque-là.

> Apprenons à nous accepter totalement comme nous sommes.

Qu’est-ce qui n’est pas résolu chez nous pour que le comportement des autres ou ses mots nous atteignent à ce point ? Quelle blessure en nous n’est pas encore cicatrisée pour que la douleur soit à ce point vive ? Au lieu de nous placer en victime et de trouver en face de nous le bourreau, positionnons-nous comme le responsable de notre douleur et déchiffrons pourquoi l’autre nous renvoie cette souffrance. Les autres nous ouvrent les portes de ce que nous devons résoudre en nous pour être heureux, afin de dépasser les barrières de nos croyances.

« Ce n’est pas en contemplant la lumière que l’on devient lumineux, mais en portant son regard sur sa propre obscurité, ce qui est beaucoup plus impopulaire parce que beaucoup plus difficile. »

Carl Gustav Jung

C’est en acceptant qui nous sommes véritablement que la vie peut nous présenter des évènements afin de nous révéler à nous-mêmes. Il s’agit de reconnaître nos deux polarités et de les accepter. Tant que nous regardons seulement notre côté lumineux (en quelque sorte la moitié de nous), nos ombres vont continuer à se matérialiser.

« Il existe un curieux paradoxe : quand je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. »

Carl Rogers
Chapitre 7

7 – Comment pouvons-nous cultiver le non-attachement à notre ego ?

Avant de démarrer le long chemin de non-attachement à notre ego, il y a des questions fondamentales à nous poser à nous-mêmes :

  • Suis-je véritablement prêt(e) à voir les choses autrement ?
  • Ai-je véritablement envie de ne plus être moi en tant qu’individu ?

> Transmuter notre ego pour faire éclore notre nature divine.

« Nous ne sommes pas des humains vivant une aventure spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une aventure humaine. »

Pierre Teilhard du Chardin

Cela peut sembler paradoxal, mais pour nous libérer de notre ego, il est conseillé de commencer par développer en nous l’ego, mais un ego sain. En effet, si notre ego est blessé, par exemple en raison d’une histoire personnelle ayant freiné le développement d’une bonne estime de nous-mêmes, la souffrance qui en résulte va nous pousser inconsciemment à surcompenser cette blessure par des attitudes égotiques disproportionnées. Notre ego va chercher à reprendre le dessus, à exister envers et contre tout et il va se développer de manière déséquilibrée. Nous risquons alors de nous perdre dans l’abîme des fausses identités auxquelles notre ego s’accrochera. Lutter contre notre ego n’est pas non plus une solution. Cela aurait pour seul effet de le renforcer, tout en induisant en nous une culpabilité déstabilisante, un conflit interne. Une fois l’estime de soi trouvée, il est plus facile de se libérer de l’emprise de l’ego.

Il s’agit alors de lâcher nos fausses identités, les rôles que nous jouons, de nous réunifier avec nous-mêmes puis de découvrir la valeur de notre être indépendamment de ce que nous faisons ou de ce que nous avons. Puis ensuite d’apprendre non pas à nous oublier, mais à dépasser notre propre personne, sans y chercher de bénéfices personnels. Alors nous découvrirons alors le pouvoir et la puissance que nos actes revêtent.

Le but est triple : nous désidentifier des rôles ou attributs que nous nous donnons, accepter l’autre face de la pièce souvent présente en nous mais refoulée et enfin réunifier en nous ces éléments opposés tout en lâchant prise sur notre image ou notre besoin de perfection.

Accepter nos limites et nous abandonner à une certaine vulnérabilité aide aussi à basculer vers un état d’éveil à l’instant présent. La réunification de nos tendances contradictoires nous libère de nos tensions internes, de nos conflits internes, et nous élève à une harmonie unifiée.

Le secret, c’est d’aimer. Quand nous aimons, quand nous ressentons de l’amour, que ce soit pour un être humain, un animal, une fleur ou un coucher de soleil, nous sommes portés au-delà de nous-mêmes. Nos désirs, nos peurs et nos doutes se dissipent. Nos besoins de reconnaissance s’évanouissent. Nous ne cherchons plus à nous comparer, à exister plus que les autres. Notre âme s’élève tandis que nous sommes tout entier amplis de cet élan du cœur qui s’étend naturellement pour embrasser tous les êtres et toutes les choses de la vie. Le philosophe Alain (de son vrai nom Émile-Auguste Chartier) disait que l’amour est un merveilleux mouvement pour sortir de soi. C’est aussi un merveilleux mouvement pour se retrouver, en fusionnant avec l’univers, à la source de soi-même, là où nos problèmes n’ont plus cours et où règne la joie.

Aimer, c’est déjà s’aimer soi-même. S’aimer nous donne la force de ne pas être blessé par les piques décochées par l’ego des autres et de ne pas laisser s’activer le nôtre en retour. Aimer, c’est aimer l’autre en parvenant à discerner la personne derrière un ego parfois déplaisant et voir alors ce dernier se dissoudre. Aimer, c’est trouver la force de parvenir à aimer ses ennemis et à les transformer en alliés. Aimer, c’est aimer la vie malgré les tracas et les coups durs, et découvrir qu’ils ne sont que les outils de notre lâcher prise, de notre évolution, de notre éveil.

L’Amour est la clé de tout. Le secret du monde.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, je me suis laissé aimer.

« S’aimer soi-même ? Cela paraît toujours étrange car, très vite, nos vieux schémas d’égocentrisme, d’égoïsme, arrivent au grand galop. S’aimer soi-même ce n’est pas se mettre sur un piédestal, se considérer le meilleur et dédaigner les autres. S’aimer soi-même c’est plutôt toucher sa part d’humanité, reconnaître son sentiment intime de vulnérabilité, accepter profondément que l’on a besoin de cet amour qui répare tout. S’aimer soi-même c’est penser au fond de soi : si les autres peuvent m’aimer, alors moi aussi je peux le faire. Et si je le fais, je n’en deviendrais que plus aimable. Car je ne serai plus dans une quête d’amour à sens unique, mais dans un partage de ce besoin universel d’être aimé. Plus j’accède à cette possibilité de m’aimer moi-même, plus je peux aimer les autres et plus les autres m’aimeront. »

Jeanne Siaud-Facchin (S’il te plaît, aide-moi à vivre)

> Prendre soin de nous avec discernement.

« Prendre soin de soi : pour liquider l’ego, ou du moins pour le rendre un brin plus silencieux, commençons par réellement prendre soin de nous et repérer en ce qui nous met véritablement en joie. Sinon, quand la frustration, l’amertume, la révolte traînent au fond du cœur, l’ego s’enflamme illico. Dès à présent, apprendre à se réjouir et à se faire du bien. »

Alexandre Jollien – Philosophe (Trois amis en quête de sagesse)

Entrer en amitié avec soi-même. Entrer en amour avec soi-même.

Pour s’aimer, il faut se connaître. Pour répondre à ses propres besoins et désirs, il faut commencer par les identifier. C’est impossible si nous ne concentrons pas notre attention sur nous-mêmes. Soyons égoïstes dans le bon sens du terme. Prenons soin de notre précieuse personne. Nul ne peut le faire à notre place, surtout pas de la façon dont nous en avons vraiment besoin. Être égoïste, dans le mauvais sens du terme, ce serait attendre ou exiger que les autres s’occupent de nos besoins avant de prendre soin des leurs.

Si nous décidons de nous aimer et de nous traiter de façon attentionnée, si nous choisissons de cultiver l’estime de nous-mêmes, alors nous sommes maîtres de nous. Nous ne risquons pas de perdre notre estime de nous-mêmes. Si malgré la perte de toutes les choses auxquelles nous accordions de la valeur, nous persistons à nous aimer et à savoir que nous sommes aimés, c’est que nous avons développé suffisamment d’estime de nous-mêmes.

> Pratiquer la gratitude et le pardon.

Lorsque nous nous sentons heureux, en connexion avec l’énergie de la joie, posons-nous la question suivante « Dans ce bonheur que je suis en train de vivre ou dans ce succès que j’ai pu attendre, qu’est-ce que je dois aux autres ? » La gratitude nous libère de cette fausse confiance en nous-mêmes qui consiste à ne croire qu’en nos forces et en nos capacités.

« La gratitude se réjouit de ce qu’elle doit, quand l’amour propre préférerait l’oublier. »

André Comte-Sponville

Nous pouvons regarder l’autre par le prisme de l’amour ou le prisme de la peur. Les autres sont le reflet de nous-mêmes, nous ne faisons qu’un. Si nous faisons le choix du bonheur, le pardon en est la clé. Nous ne pouvons y accéder que dans la paix, puisque c’est la seule réalité possible. Lorsque nous quittons cet état, une multitude d’émotions naissent guidée par la peur qui trompe nos perceptions. Le pardon envers les autres et envers nous-même nous libère. Il nous ouvre la porte de la guérison. Il nous libère de notre aveuglement. En supprimant les filtres de la rancœur, le pardon nous sort de la confusion. La clémence conduit à comprendre nos erreurs de jugement. Elle nous met face à nos responsabilités : nous ne sommes pas innocents, nos interlocuteurs ne sont pas coupables. L’enjeu est de comprendre ce que les autres touchent en nous.

« Le pardon est une sorte de guérison de la mémoire et non d’oubli : le pardon donne un futur à la mémoire. »

Paul Ricœur

En refusant de renoncer au sentiment de colère, d’animosité voire de haine que l’on éprouve pour l’autre, nous restons sous leur influence. Que la cause de notre souffrance soit réelle ou imaginaire, le résultat est le même, car une fois installé en nous, ces sentiments vont d’abord lentement nous enlacer, pour finir par nous étouffer, nous corroder.

Nous sommes toutes et tous responsables à 100 % de notre façon de réagir à toutes les situations qui se présentent au cours de notre vie. Une personne responsable sait que chaque événement, agréable ou non, est là pour l’instruire et l’aider à évoluer.

Viktor Frankl s’est interrogé sur le sens. Il défend la thèse selon laquelle l’inconscient est principalement d’essence spirituelle car « lorsqu’on trouve un sens aux événements de sa vie, la souffrance diminue et la santé mentale s’améliore. »

« L’acte de pardon suprême, c’est de pouvoir vous pardonner à vous-mêmes pour toutes les blessures que vous avez provoquées dans votre vie. Le pardon est un acte d’amour envers soi-même. Quand vous vous pardonnez, vous commencez à vous accepter et à vous aimer davantage. »

Don Miguel Ruiz

Le don du pardon est un acte libérateur, puisqu’il nous ouvre la porte de notre propre enfermement, de notre propre prison. Il libère notre cœur des couches de ressentiments accumulés au cours de notre vie, le sclérosant en réduisant considérablement notre capacité à aimer. Il nous permet de rompre le lien entre nous et la personne qui nous a offensé. Il nous restitue notre liberté d’aimer. Il favorise la guérison du cœur dont nous avons tant besoin. La vie reprend ses droits.

« Guérir le cœur et libérer le mental, pour que l’esprit se reflète dans le corps. »

Olivier Clerc

> Carpe Diem : être présent, ici et maintenant, et offrir notre présence aimante.

« Être présent à l’instant, c’est devenir toujours plus conscient, toujours plus éveillé, toujours plus attentif. Le sens de la vie se joue ici, à cet instant, dans chaque pensée que nous abritons, dans chaque parole que nous prononçons et dans chaque geste que nous posons. L’instant présent est le seul moment qui nous appartient. »

Rosette Poletti & Barbara Dobbs « Plénitudes – Merveilleuses pensées pour chaque jour »

Nous sommes des morceaux de conscience flottant dans l’univers et l’ego peut devenir le cancer de notre conscience. Il fait souvent plus que nous tuer : il nous empêche de vivre. En s’emparant de notre attention, il nous empêche d’être disponibles à ce que nos sens perçoivent : le chant de la grive, l’odeur du cèdre ou la douceur de l’amande…

Nous ne voyons plus assez les étoiles dans les villes car il y a trop de pollution lumineuse. Les étoiles nous rappellent à la fois d’où nous venons et ce que nous sommes. En ne les voyant plus, nous oublions notre statut de poussière. Fermer les yeux et sentir en soi le mouvement des étoiles ou entendre leurs murmures fait se dissoudre l’ego.

Tous ceux qui s’affairent à devenir eux-mêmes perdent leur temps. Nous ne pouvons pas devenir nous-mêmes. Nous ne pouvons qu’être nous-mêmes. Cela se fait en une fraction de seconde, en un battement de cils, le temps d’une inspiration. Être là est la seule solution. Il n’y a pas d’autre remède à la peur, à l’angoisse, à toutes les formes de souffrance psychique, au vieillissement, aux pertes… Être là.

Nous passons à côté de nos vies en cherchant à être quelqu’un par la multiplication de fausses identités qui nous servent à quémander le regard des autres. Ce double désir de vouloir toujours avoir raison et de reconnaissance (d’être sous les projecteurs, de devenir des vedettes, des personnes reconnues, admirées, riches) nous prive de la possibilité d’être entièrement présent à ce qui est et de notre capacité d’accueillir et d’émettre.

Lorsque nous attrapons l’essentiel chaque seconde, nous n’avons plus besoin de croire que nous sommes quelqu’un ni de prouver que nous existons.

« La floraison des cerisiers ne dure pas. L’essentiel, nous l’attrapons en une seconde. Le reste est inutile. »

Christian Bobin – La grande vie

L’ego se ferme, l’intelligence observe. L’ego résiste, l’intelligence écoute. L’ego se défend, l’intelligence partage. L’ego envie, l’intelligence se réjouit. L’ego veut, l’intelligence donne. L’ego frappe, l’intelligence éduque. L’ego se sent humilié, l’intelligence compatit. L’ego hait, l’intelligence aime. L’ego lance des cailloux, l’intelligence soigne les blessures.

Nous fixer une direction peut être utile, mais en nous focalisant sur l’objectif, nous en oublions le voyage. Notre obsession du résultat engendre notre peur de l’échec. Nous souffrons de la certitude jusqu’au moment fatidique. Soit nous atteignons notre but, nous nous en fixons un suivant et nous inquiétons de nouveau. Soit nous n’y arrivons pas et renforçons l’idée de notre faible valeur. L’objectif devient donc un traumatisme. Le résultat n’est qu’un fait, un bref instant entre deux voyages. Nous vivons généralement dans la crainte de ce qu’il va se passer. Le bonheur est ailleurs. Il est ouvert à tout ce qui arrive. Il se nourrit de la magie du présent, de la perfection du moment, des pas que nous faisons en harmonie avec le monde qui nous entoure. Si nous laissons nos peurs nous emprisonner dans le futur, jamais nous ne pourrons vivre le bonheur. L’objectif n’est qu’un point d’arrivée, il fait partie du voyage comme le point de départ, mais n’est pas le voyage. Le bonheur ne réside pas au kilomètre final qui n’existera jamais, mais au kilomètre zéro qui commence à chaque instant.

Il nous suffit de lâcher la pression autour des résultats et d’arrêter d’y penser. Si nous considérons que notre objectif est d’être heureux, alors comprenons que chaque seconde est le résultat. Il n’y a pas de différence entre le chemin et son but. Notre bonheur prend racine en nous au kilomètre zéro. Savourons chaque seconde dans le plaisir de l’instant, dans la découverte, sans dépendance de l’approbation des autres, ni appréhension de l’échec.

> Guérir les blessures qui nous empêchent d’être nous-mêmes.

Il y a deux choses que nous pouvons contrôler : la façon dont nous décidons de nous percevoir et nos comportements, fondés sur cette perception.

C’est notre ego qui nous fait croire que nos souffrances sont causées par les autres. Tant que nous sommes prisonniers de cette croyance, nous sommes victime des autres et bourreau de nous-même. Ce ne sont pas les autres qui profitent de nous. C’est nous qui les laissons faire.

Être en conscience, c’est reconnaître à quels moments nous dirigeons nos vies et à quels moments nous laissons notre ego en prendre le contrôle. Notre ego est un peu comme un voisin à qui nous aurions donné beaucoup d’importance, laissé prendre beaucoup de place et qui viendrait chez nous à tout moment pour nous dire comment vivre nos vies. Ce voisin se sentirait super important et indispensable, convaincu que nous ne sommes pas capables de prendre les décisions sans son conseil. Pouvons-nous blâmer ce voisin ? Non, puisqu’il pense nous rendre service. Note ego est constitué de la totalité des croyances qui nous empêchent d’être nous-mêmes. Afin d’exister, note ego utilise les critiques, les superlatifs, les « il faut ». Il s’identifie à l’avoir et au faire, il recherche les compliments, il ne sait pas écouter, il se justifie et se défend, il se compare, il se glorifie de tout ce qui est matériel, il se nourrit de la notion de bien et de mal. Il nous dirige parce que nous lui avons donné beaucoup de pouvoir et autorisé à le faire.

« Et si les plus grandes déchirures étaient aussi les plus grandes ouvertures ? »

Carl Gustav Jung

Identifions nos blessures et les masques associés pour pouvoir les cicatriser.

Sommes-nous conscients de la blessure qui a été touchée dans la situation inconfortable que nous venons de vivre dans notre relation à l’autre ? Est-ce celle du rejet ? Celle de l’abandon ? Celle de l’humiliation ? Celle de la trahison ? Celle de l’injustice ?

Quel masque avons-nous porté pour nous faire croire que nous ne sentirions rien et que les autres ne se rendraient pas compte de notre blessure ? Celui du fuyant ? Celui du dépendant ? Celui du masochiste ? Celui du contrôlant ? Celui du rigide ?

« Si tu perds ton énergie parce que quelqu’un t’a humilié, sort dans la nuit et regarde longuement les étoiles. »

Auteur inconnu de moi

Ôter le masque, c’est prendre conscience de ces influences extérieures qui nous ont fait nous conformer à une représentation qui n’est pas complètement nous. Dépasser l’ego, c’est aussi aller à la rencontre de ces parties de nous-mêmes que nous avons inconsciemment dissimulées au travail : notre gentillesse, notre créativité, notre esprit critique, notre sensibilité, notre imagination débridée ou tous autres traits de notre personnalité que nous montrons peut-être dans notre sphère privée mais pas dans l’entreprise qui demeure un lieu de conformité et de contrôle social.

Dans le cadre professionnel, enlever le masque, l’armure ou le costume de survie, c’est avoir l’audace de commencer petit à petit, à montrer à notre entourage professionnel ces facettes de nous-mêmes. C’est un choix personnel : celui de montrer davantage l’homme ou la femme derrière la fonction. C’est un choix qui peut paraître risqué car il entraînera peut-être des jugements ou de l’incompréhension. En même temps, c’est un choix magnifiquement libérateur qui aura toutes les chances d’autoriser nos équipes à en faire de même.

« Je constate, après plus de vingt ans d’accompagnement du changement, que la qualité des résultats obtenus par un système dépend de la qualité de conscience à partir de laquelle les membres du système opèrent. En résumé : la forme suit la conscience. L’état de conscience des collectifs passe de l’ego-systémique à l’écosystémique. »

Otto Scharmer

> Savoir nous rendre sourd pour mieux écouter la voix de notre cœur.

Nous sommes nombreux à être touchés par cette crise de milieu de vie, par cette crise existentielle qui peut aussi se résumer ainsi : mus par la nécessité de nous insérer socialement et matériellement dans la vie, nous passons la première partie de notre existence à solliciter la reconnaissance de nos proches et à assurer notre sécurité matérielle. La vie nous envoie alors le message qu’il est temps à présent de nous soustraire à ces contingences extérieures et au regard de l’autre pour vivre pleinement notre vie. En tant que leader, cette crise, comme toutes les autres, est une invitation à faire des choix. Elle n’est pas à fuir car elle nous rapprochera de nous-mêmes. Notre devoir est de la vivre pleinement, intensément.

« Nous pouvons aller loin dans le NOUS que si nous habitons pleinement le JE. Il ne s’agit pas d’un JE basé sur l’ego. C’est un JE qui a profondément écouté ce qui veut être vécu à travers lui. Et à ce moment-là, l’invitation pour le NOUS devient puissante. Plutôt que d’effacer le JE pour plus de NOUS, je pense que c’est quand on invite pleinement le JE que le NOUS devient pleinement possible. »

Frédéric Laloux

> Choisir à chaque instant de pousser la porte de la Peur ou celle de l’Amour.

Notre cerveau se recréé via les informations que nous lui envoyons et les pensées que nous formulons. Seuls deux états existent en termes de pensées : la peur et l’amour. Toutes nos réflexions prennent racine dans l’une ou l’autre. La peur entraîne la tristesse, la colère, l’agressivité et bien d’autres émotions qui ont un effet négatif (voire désastreux) sur notre corps. En revanche, les pensées générées dans un état d’amour permettent l’harmonie du corps, la réconciliation, l’unité, le bien-être. Lorsque nous sommes conscients de ces deux manières d’être, nous pouvons choisir les actes qui en découlent et être conscient des incidences directes sur notre vie et notre santé.

« Plus nous cherchons à vivre en plénitude, plus cette réalité nous échappe. La plénitude est une et plurielle tout à la fois, elle est toujours devant nous. Un proverbe tibétain l’exprime ainsi « Quand tu arrives en haut de la montagne, continue de grimper. » Lorsque nous nous croyons arrivés au sommet de la montagne, quelque chose change ou meurt en nous, ou autour de nous, et nous sommes appelés à continuer de grimper. »

Rosette Poletti & Barbara Dobbs « Plénitudes – Merveilleuses pensées pour chaque jour »

Nous pouvons élever – à chaque instant – notre état vibratoire pour nous connecter à l’énergie pure, à cet espace où tout est création, au champ de tous les possibles.

« L’origine du monde est dans la conscience du monde, donc dans celui qui cherche l’origine. »

Auteur inconnu de moi

Attention toutefois à l’orgueil spirituel qui est une manifestation déguisée de notre ego.

« Être et montrer que l’on est sont souvent inconciliables. »

Auteur inconnu de moi

En guise de conclusion inachevée …

De nombreuses conversations génératrices de sens, un accompagnement holistique (tête – cœur – corps) et au long cours, des initiations variées et de multiples lectures (notamment celle de l’aventure initiatique du chevalier à l’armure rouillée écrite par Robert Fisher) m’ont aidé à voir que derrière mon armure, il n’y avait que des peurs – elles-mêmes générées par des blessures émotionnelles qui ont fondé des croyances limitantes – qui m’empêchaient de devenir qui je suis véritablement. Plus j’ose mon potentiel, plus mon armure rouille, plus je m’autorise à être authentique dans mes relations, plus j’ose me montrer tel que je suis, dans mon humanitude, imparfait. Depuis que j’ai découvert le pouvoir de la vulnérabilité, je n’ai plus peur de montrer mes psycatrices.

Je vis mon voyage du Héros depuis de longues années. Mes prises de conscience successives ont été des jalons importants sur mon chemin. Une fois (vraiment) passé le seuil, il n’y a plus eu de retour en arrière possible. Le chemin vers mon « Soi » est long. Le choix de devenir qui je suis véritablement demande une bonne dose de courage et de persévérance. Je ne fais pas le chemin seul. Je suis en relation avec mes alliés. Mon Club de Supporters, mon Cercle d’Alliés s’est agrandi. Comme le disait Lao Tseu « un voyage de mille lieues commence par un premier pas ». Ce premier pas, je l’ai fait alors que je n’avais pas encore trente ans. Un quart de siècle après, je continue à cheminer et j’apprends, pas après pas, à construire une joie véritable. La vie est une aventure. La vie est un jeu. La vie est une longue guérison. Banzaaaaaaiiii !!!

« Le plaisir se prend, le bonheur se reçoit et la joie se construit. »

Marc Halevy

Vivre ma vie comme un jeu, selon moi, nécessite de connaître trois choses : le plateau de jeu (d’où ma curiosité pour le Grand Esprit aux manettes de l’Univers), les règles du jeu (d’où mon attrait pour la philosophie et la spiritualité) et le but du jeu (la recherche d’une signification et d’une direction alimente mon vivifiant chantier perpétuel). Lorsque le but du jeu est (suffisamment) connu et que les règles sont (suffisamment) claires pour agir sur le terrain de jeu, alors vivre devient un jeu joyeux et une sacrée aventure ! L’aventure continue …

A sa façon, Jude Law le déclamait dans une publicité …

« You know who you are, what you want, where you stand, the game is won. »

Jude Law – Dior Homme Sport

J’ai l’envie que la conclusion de cette longue réflexion soit la vôtre.

J’ai envie de vous impliquer. Je suis curieux d’en savoir plus sur la relation que vous entretenez avec votre ego. Comment le considérez-vous ? Comme un ami, comme un ennemi ? Les deux à la fois ? Comme un serviteur, comme un imposteur ? Les deux à la fois ?

Vos retours d’expériences, vos commentaires et vos questionnements sont les bienvenus tout en bas de cet article dans l’espace « Laisser un commentaire ». Je vous remercie par avance de vos contributions qui enrichiront très certainement mon point de vue et probablement ma façon de cheminer.

#OVPEgo

#OVPJeuxEgo

#OVPFromEgoToEco

Pour consulter mon offre :

Téléchargez mon pedigree

Les armures ont complètement rouillé … L’aventure continue.