Vous avez dit raison d’être ?

Toute entreprise a une raison d’être, qu’elle soit exprimée ou pas. Toute entreprise existe pour donner vie à une idée, déployer un brevet, proposer une offre, combler un besoin etc. La raison d’être permet aux entreprises d’afficher une finalité et un rôle dans la société, sans pour autant s’engager à résoudre un problème de société.

Tout l’enjeu de la loi PACTE est de replacer cette raison d’être dans le temps long de l’entreprise, en amont de tout plan stratégique et à travers, notamment, la prise en compte des enjeux sociaux, environnementaux ou sociétaux.

 « L’entreprise est la force la plus puissante du monde moderne car elle combine la créativité humaine et le pouvoir de l’argent. Cette force peut, et doit, s’atteler à résoudre les problèmes de notre temps, y compris les problèmes graves ou difficiles. »

Anita Roddick – Fondatrice de The Body Shop

Pourquoi devenir une entreprise à mission ?

L’entreprise à mission rend juridiquement compatible la recherche de profit et la résolution d’un défi sociétal ou environnemental. La mission relève d’une démarche volontariste de l’entreprise qui souhaite articuler son modèle d’affaire et son cœur de métier autour de la résolution d’un problème social ou environnemental identifié et met au service de cette ambition son modèle économique. C’est cela que l’on appelle la mission et qui n’est donc pas réductible à la raison d’être de l’organisation. La mission est une raison d’être associée à des engagements.

L’économie sociale et solidaire impose une limite à la lucrativité de l’organisation. L’entreprise à mission intègre des entreprises qui, aujourd’hui, ne peuvent se reconnaître ou prétendre appartenir aux acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire.

L’entreprise à mission permet de réconcilier l’efficacité économique et la contribution sociétale. En inscrivant un objectif de long terme au cœur même de la stratégie d’entreprise, la mission fixe un cap qui va pouvoir orienter l’ensemble de ses choix et assurer la cohérence de son modèle. Elle agit comme un outil d’aide à la décision qui va accompagner l’entreprise tout au long de sa création, son développement et même jusqu’à sa stratégie de revente, d’augmentation de capital, etc. en alignant les différentes parties prenantes et leurs attentes à chaque étape de la vie de l’entreprise.

La « société à objet social étendu » est devenue le modèle juridique français des entreprises à mission et regroupe essentiellement les principes suivants :

  • Une définition, à côté de l’objet social, de la mission marquant l’engagement et l’opposabilité de cette dernière.
  • Une mission d’ordre social, scientifique, humain, territorial ou environnemental, propre à l’entreprise non réductible au profit.
  • La prise en compte dans l’expression de cette mission des parties prenantes de l’entreprise (sans que cette liste ne soit limitative : clients, fournisseurs, salariés, famille de ceux-ci, le territoire où ils se trouvent…).
  • Le dirigeant et les instances de direction, qui retrouvent alors leur liberté d’arbitrage dans le cadre de la mission.
  • La prise en compte du temps long, de l’innovation et de la recherche et du développement.
  • Un principe de contrôle interne de cet engagement par un « conseil de mission » dont la composition reflète les différentes parties inscrites dans la mission.

Il est urgent de revenir à la notion d’entreprise comme avant tout une affaire d’hommes et de femmes qui s’y unissent pour travailler ensemble un projet commun en tenant compte des indicateurs fondamentaux de la santé de l’entreprise que sont le capital humain (santé, épanouissement, motivation, etc.) et le capital environnemental (disponibilité des ressources, état des sols, pollution, émissions de gaz à effet de serre, etc.).

Un nombre croissant d’entreprises se questionnent sur leur positionnement et la façon dont leurs produits ou services vont répondre aux attentes des consommateurs à court ou moyen terme. Devenir une entreprise à mission, c’est lancer une véritable vague de changements et de questionnements internes : remettre à plat la stratégie de long terme, la penser collectivement, s’ouvrir sur l’extérieur, revoir sa culture d’entreprise, transformer et dynamiser l’innovation, encourager la prospective et l’expérimentation, donner les moyens à tous les collaborateurs de contribuer, collaborer avec des concurrents plus ou moins directs pour transformer une filière, travailler avec de nouveaux types de partenaires (O.N.G., États, consommateurs etc.). Autant de transformations qui permettent de fédérer comme jamais auparavant autour d’un projet d’entreprise porteur de sens, capable de donner un nouveau souffle à une activité, une marque.

« Notre mission pour maintenant et les 100 prochaines années : concevoir le meilleur produit possible, ne pas causer plus de dommages que nécessaire, inspirer et mettre en place à travers notre entreprise des solutions à la crise environnementale. »

Yvon Chouinard – Fondateur de Pataginia

Comment devenir une entreprise à mission ?

C’est une aventure, un processus en plusieurs étapes :

  • Définir sa mission et ses engagements
  • Embarquer les équipes
  • Transformer les métiers
  • Adapter sa gouvernance
  • S’évaluer
  • Aligner son business model
  • Communiquer sur sa mission

Parlons-en …

Pour en savoir plus : la Communauté des Entreprises à Mission.

Source : le livre blanc (très pédagogique) rédigé par Citizen Capital & Deloitte « Entreprise à mission : de la théorie à la pratique. » – novembre 2019 Pour le télécharger gratuitement.

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