Madras en train de méditer les mots sacrés.

Oser pratiquer l’art de ne (presque) rien faire, c’est se faire le cadeau d’un temps de contemplation pour préparer l’action, d’un temps pour être et d’un temps pour (re)penser son ministère mystérieux.

Un temps de contemplation pour préparer efficacement l’action.

« Pourquoi les poètes aiment-ils tous les chats ?
Les chats passent le plus clair de leur temps à dormir et leur sommeil est principalement employé à rêver. Ceci explique pourquoi ils jouissent d’un formidable équilibre, à la différence – par exemple – des lapins ou des cochons d’Inde, lesquels ne pouvant jamais fermer l’œil plus de trois minutes d’affilée sont de lamentables névrosés en proie à une tremblote chronique.
Les chats retombent toujours sur leurs pattes, gracieux au repos, foudroyants à la chasse, leurs réflexes sont d’une rapidité et d’une précision infaillibles.
D’une certaine manière, ce double talent qu’ils ont pour la contemplation et pour l’action les rapproche des poètes. »
Denis Grozdanovitch – extrait de « L’art difficile de ne presque rien faire »

La contemplation prépare efficacement à l’action. Sans contemplation préalable, pas de vision élaborée, pas de véritable sens à l’action.

La beauté invite à la contemplation qui favorise à son tour l’intuition.

L’action de contempler un chat en train de rêver sur un canapé, un coucher de soleil, une libellule posée au bout d’un roseau ou un vol d’étourneaux en rase campagne, permet de mettre le mental au repos et de laisser la place à l’imaginaire, au rêve éveillé, à l’intuition, à la créativité.

Alors pourquoi se priver de se servir de la beauté du monde ? Pourquoi ne pas utiliser cette beauté comme un support de contemplation ?

Préserver la jouissance de l’instant c’est investir dans l’efficience d’une action future.

Walt Disney l’avait bien compris : dans le processus de création de chacun de ses projets, il convoquait d’abord son « rêveur » (et uniquement lui), avant de laisser la place à son « réalisateur » puis à son « critique ». Un état d’esprit à la fois et la création sera au rendez-vous.

« Ils ont échoué car ils avaient oublié de commencer par le rêve. »

William Shakespeare

Madras (encore) en train de méditer les mots sacrés.

Un temps pour ne rien faire. Juste un temps pour être.

Contempler c’est devenir ce que je regarde. Ce que je regarde occupe toute mon attention sans autre pensée à ce moment-là. Alors je peux commencer à méditer. La méditation, c’est pratiquer l’écoute du silence intérieur.

Quand je me tais suffisamment fort à l’intérieur de moi, il se passe quelque chose. Je ne suis plus limité par mes cinq sens et je passe d’une perception de la réalité dite ordinaire à la perception d’une réalité dite non ordinaire. Grâce à la respiration consciente, je sors du plan mental et je peux traverser un voile de perception de l’autre côté duquel la vie se révèle comme une unique Présence intime, intelligente et commune à tous.

La contemplation et la méditation sont des clés qui ouvrent des portes : celles de la perception. Le groupe de musiciens The Doors (« the doors of perception ») m’invitait déjà à sa façon à « rider on the storm ». Je quitte l’illusion profane du temps linéaire (Chronos) et j’entre dans le temps sacré cyclique (Aiôn) et le temps opportun (Kairos). Je peux expérimenter la plénitude du vide et me connecter sur d’autres plans, à d’autres réalités. Je suis dans l’Absolu de moi-même. Je suis.

« Pour percevoir la profondeur des messages qui vous entourent et vous rapprocher de votre âme de chaman, vous aurez besoin de vous isoler, de baisser le niveau sonore de votre mental. La célébration de toute vie intérieure passe par le silence. Il n’y a pas d’expérience spirituelle sans silence. Le véritable silence se révèle à votre âme dans la profondeur de la solitude. La solitude est souvent mal comprise car elle est vécue dans nos sociétés bruyantes comme une punition. On imagine que celui qui est seul s’ennuie ou ne sait pas se faire des amis.

Il existe deux types de solitude : celle du mendiant et celle de l’empereur.

Le mendiant n’est pas autonome, il quête de la tendresse, de l’affection. Il attire l’attention pour qu’on s’occupe de lui, pour ne pas rester seul, car lui-même n’est pas autonome. Il aime se faire plaindre et recherche la compagnie en permanence.

Et puis, il y a la solitude de l’empereur. Celle de l’artiste ou de l’ermite. L’ermite s’isole pour rencontrer Dieu, l’artiste s’isole pour retrouver l’inspiration, l’empereur s’isole pour retrouver sa puissance intérieure et son charisme.

La révélation a lieu loin des regards. Accordez-vous chaque jour un temps de solitude pour vous rapprocher de votre intimité. Un temps où vous vous choisissez vous-même comme la personne la plus importante de votre vie. Un temps pour ne rien faire. Juste un temps pour être. En réveillant l’empereur, l’artiste est l’ermite en vous, vous réveillerez le chaman qui est en vous. »

Arnaud Riou « Réveillez le chaman qui est en vous »

NB : Le terme « chaman » est utilisé ici pour qualifier celles et ceux qui choisissent de s’ouvrir au grand mystère de la vie en élargissant leur champ de conscience. La voie chamanique s’explore dans l’alchimie d’un cœur d’enfant et d’une âme d’ancêtre. Le chaman chemine et explore avec la curiosité d’un enfant, le discernement d’un sage et le courage d’un guerrier.

Le Kairos représente à la fois le temps du discernement et celui de l’action juste (le moment opportun pour agir). Le Kairos est inaccessible aux personnes pressées par le temps ou les résultats. Il ne s’offre qu’à celui ou celle qui sait faire taire momentanément le brouhaha de ses pensées pour s’ouvrir à l’instant présent et à l’expérience directe du réel (non filtrée par le mental). Se donner l’opportunité d’accéder au Kairos, c’est s’ouvrir à la sérendipité et aux synchronicités.

Un temps pour (re)penser son ministère mystérieux.

Au fait … quel est votre ministère mystérieux ?

Pour (re)découvrir votre ministère mystérieux, il s’agit de passer de la logique de l’emploi à la logique du métier.

Le mot métier a été inventé par le compagnonnage au XIIe siècle à partir de la contraction de deux mots latins « ministère » et « mystère ». Le métier est un « ministère mystérieux » qui correspond à une mission de vie, a minima à un (des) projet(s) de vie. Le métier signifie que l’acteur concerné est bien dans son axe de vie et que l’ensemble de son énergie, tant physique que psychique, n’est pas dispersée.

Il s’agit de passer de la question d’État Civil « Que faites-vous dans la vie ? » à la question existentielle fondamentale « Que fais-je de ma vie ? ». Cela questionne l’intime de chacun et également l’humanité elle-même. Que fait l’humanité de son ministère mystérieux dans l’univers ?

L’éducation à un métier ne consiste pas en l’adaptation à un emploi ni à des technologies qui deviendront rapidement obsolètes. Comme le disait Annah Arendt, c’est « la capacité d’un être humain à faire de sa vie une œuvre ». Œuvrer à construire son (ou ses) métier(s) implique de ne pas être dans une logique de survie biologique mais dans une indéfectible volonté de vivre intensément sa vie humaine.

Allons un peu plus loin … et réinterrogeons les notions de « métier » et de « cœur de métier » pour les individus et aussi pour les organisations.

Comme nous l’avons vu plus haut, le métier est un « ministère mystérieux ». Le mot ministère renvoyant lui-même à une fonction de service plutôt que de maîtrise (magistère). Un métier c’est donc beaucoup plus qu’un « job », un « emploi », a fortiori un « travail » qui lui exprime à travers le latin tripalium un rapport de labeur, de pénibilité et de dépendance. Le terme métier est ainsi très proche de celui de vocation, voire de profession, à entendre lui aussi dans son sens fort : on ne professe que si on est habité par ce que l’on professe. Le ou les métiers signifient pour un individu ou une organisation (« cœur de métier ») que l’acteur concerné est bien dans son axe de vie. C’est la raison pour laquelle une personne qui a la chance de faire de sa passion son métier, va être infiniment plus motivée, efficace et utile à la société qu’une autre dont le job sera purement alimentaire.

Pour les mêmes raisons, une organisation ne sera pleinement légitime, tant auprès de ses clients, de ses salariés et plus largement des citoyens, que si sa vocation la conduit à rendre effectivement un service, un ministère, par une production de biens ou de services jugés utiles à la société. Nombre de crises au sein de ces organisations, et singulièrement de grandes entreprises, sont dues au fait qu’elles ont abandonné leur cœur de métier en opérant une inversion de la finalité et des moyens pour y parvenir.

Source : Extrait du livre « Renaissance(s) : le plaisir d’entreprendre » APM aux éditions Eyrolles

Si vous le souhaitez, je cheminerai avec vous pour vous aider à (re)découvrir votre ministère mystérieux puis à en faire une réalité.

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Madras (encore et toujours) en train de méditer les mots sacrés.